Samedi 24 juin. Kinshasa, capitale de la RDC, n’avait d’yeux que pour un seul événement, le concert très attendu de l’artiste Ferré Gola au stade des Martyrs de la Pentecôte, capable de contenir près de 80.000 personnes. Annoncé par l’artiste comme l’une de ses meilleures prestations, ce concert a tenu toutes ses promesses.
Certains doutaient de son aura et se montraient pessimistes sur sa capacité à remplir le stade mythique des Martyrs chargé d’histoire. L’artiste a démontré une fois pour toutes qu’il pouvait encore vendre cher sa peau, et que l’on avait tôt fait de l’enterrer. Pendant plus de deux heures, il a livré un show mémorable aux mélomanes présents au stade ou en dehors.
Si les portes du stade se sont ouvertes très tôt le matin, ce n’est que dans l’après-midi que les gens commencent à affluer. Et la sécurité bien en place, assurée dans l’ensemble par la police nationale congolaise, réussit à faire du bon travail et maîtrise l’affluence sans laisser place au débordement. Plus le temps prend place, plus l’événement révèle toute son ampleur.
La première partie du concert, assurée par des jeunes artistes, est tout aussi attrayante. Les fans ont du répondant à chaque morceau, mais ils s’impatientent tout de même. Bien décidé à casser les codes et à rompre avec les habitudes des artistes congolais qui sont souvent accusés de monter sur scène en retard, quand les fans commencent à se lasser, Ferré Gola fait son entrée un peu plus tôt, presque à 17h. Annoncé par l’animateur ivoirien Willy Dumbo, maître de cérémonie pour l’occasion.
À l’apparition de l’artiste, le public est en ébullition, plusieurs scandent son nom, brandissent des mouchoirs blancs et allument la torche de leurs téléphones. D’autres acclament à tout rompre. L’entrée de Ferré Gola est spectaculaire. Entièrement de noir vêtu, il a des grosses chainettes, un mélange d’or et des diamants autour du cou. Le visage caché par des grosses lunettes noires, il démarre en trombe sur son morceau Royaume Kunga, un des tubes de son dernier album, dans lequel il se présente comme l’indétrônable roi qu’il faudrait tuer avant de prendre la couronne.
Le public est conquis, et il ne demande pas plus. Le son presque parfait, permet de savourer l’impeccable technique vocale du chanteur de 47ans, qui alterne avec ses anciens et nouveaux succès. Mais aussi se laisse aller plus loin, en interprétant quelques gros succès d’anciennes légendes de la musique congolaise, une sorte d’hommage, mais également un changement d’air qui lui permet de revenir à son registre de plus belle.
Conscient de ce qu’il vient de réaliser, Ferré Gola remercie son public, et chacun de ses invités, à l’instar de la tanzanienne Victoria Kimani avec qui il a collaboré il y a quelques années. Mais aussi ses collègues congolais, les anciens de Wenge, Maestro Fabregas, et Celeo Scram et quelques autres, qui ont tour à tour partagé avec lui la scène.
À la fin, les fans sont sans voix, « on a eu droit à de la bonne musique, au spectacle pur et sans fioritures malgré le refus des sponsors de l’accompagner », dit l’un. « Le Padre Ferre Gola leur a donné une leçon. Ceux qui se prenaient pour le roi du game, doivent revoir leurs copies et comprendre que la musique congolaise n’a qu’un seul roi, et il n’est pas à présenter », crie un autre.
Les incidents ne manquent pas comme souvent dans ce genre d’événements, mais ils ne sont pas majeurs lors de ce concert. Quelques personnes se sont étouffées, mais ont été très vite conduites à l’extérieur du stade. Et, quelques blessés aussi dus aux bousculades ont été signalés. Mais rien de grave.
Sur les réseaux sociaux, les photos abondent. Les félicitations aussi et peu de moqueries également de la part des fans des camps rivaux qui estiment que le stade n’était pas assez plein parce que le public n’était pas derrière le podium installé pour l’événement de ce 24 juin, qui loin d’être un simple concert, était un challenge, un défi que Ferré Gola a réussi à relever.
Dinho Kazadi

