L’armée malienne a signalé des attaques contre deux de ses postes dans le nord et l’ouest du pays, un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda ayant revendiqué l’un d’entre eux.
Mercredi soir, l’armée a affirmé sur les réseaux sociaux avoir « déjoué des tentatives d’attentats » de « terroristes » à Mourdiah, dans l’ouest du pays. L’armée a fait état de victimes parmi les assaillants, mais n’a donné aucun autre détail.
L’armée qualifie communément les djihadistes de « terroristes ». Plus tôt mercredi, il a affirmé avoir repoussé une attaque à grande échelle à Acharane, dans la région nord de Tombouctou. L’armée n’a fourni aucune autre information sur cet incident.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), alliance jihadiste liée à Al-Qaïda, a revendiqué, sur la plateforme de propagande Al-Zallaqa, l’attaque contre des soldats maliens et leurs alliés du groupe paramilitaire russe Wagner à Acharane, selon SITE, une ONG américaine spécialisée dans la surveillance des groupes radicaux. Cette opération a débuté par un attentat suicide, suivi d’un assaut à l’arme lourde et légère, selon le GSIM.
Le groupe affirme avoir tué de nombreux soldats et en avoir capturé un autre. Il a également affirmé avoir pris le contrôle du poste et y avoir incendié, saisissant six véhicules et une grande quantité d’armes et de munitions.
Il est difficile de vérifier les affirmations de toutes les parties dans des zones aussi reculées et l’accès à des sources indépendantes est difficile. La junte au pouvoir au Mali, qui a pris le pouvoir en 2020, est confrontée à une multitude de défis sécuritaires dans tout le pays. Il a minimisé la situation à Tombouctou.
Outre l’insurrection djihadiste, le nord du Mali est également menacé d’une offensive de groupes séparatistes majoritairement touaregs et arabes. Les groupes séparatistes ont pris Tombouctou en 2012 avant de la perdre au profit des djihadistes qui ont détruit certains de ses célèbres mausolées, provoquant un tollé international.
Depuis fin août, le nord du Mali connaît une reprise des hostilités de groupes armés majoritairement touaregs contre l’armée malienne et une intensification des attaques djihadistes.
Cette recrudescence coïncide avec le retrait en cours de la force de stabilisation des Nations Unies, la MINUSMA, qui a été chassée par la junte au pouvoir. Les dirigeants militaires ont également poussé une force antijihadiste française à partir l’année dernière.
Politiquement et militairement, elle s’est tournée vers la Russie. De nombreux observateurs affirment qu’elle s’est adjoint les services de Wagner, malgré ses dénégations constantes.
La junte a fait du rétablissement de la souveraineté sur l’ensemble du pays un de ses mantras et prétend inverser la tendance sécuritaire. Cependant, divers experts font état d’une dégradation de la situation dans un pays plongé dans la tourmente depuis 2012.
AFP/Sahutiafrica

