Ce lundi 14 janvier, le Sénégal entre en lice face à la Gambie. Grands favoris, les champions d’Afrique sénégalais vont tenter de conserver leur titre en terres ivoiriennes. Une mission difficile pour Sadio Mané et ses coéquipiers.
Stade d’Olembé. Dimanche 6 février 2022. Ce soir-là, tous les regards étaient fixés sur Sadio Mané lorsqu’il s’avance devant Gabasky, portier égyptien, qui avait repoussé son penalty en début de match, pour le dernier tir au but sénégalais. L’attaquant de Liverpool transforme son tir, même si Gabasky part du bon côté. Le Sénégal, qui a attendu pendant 56 ans, remporte enfin sa toute première Can face à l’Egype à l’issue de la séance des tirs au but. Les souvenirs de ces instants historiques sont vifs. Mais l’heure est à la reconquête.
Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football, est confiant. « Nous allons en Côte d’Ivoire avec l’ambition de conserver notre trophée. Mais en sachant que nous serons très attendus par les 23 autres nations », a-t-il déclaré. Avant la Can, le Sénégal séduit. Fort de dernières sorties réussies notamment face au Brésil (4-2) et devant le Cameroun, bête noire et futur adversaire du Sénégal (1-0), Aliou Cissé, sélectionneur sénégalais, et sa bande ont des raisons d’y croire. Mais, il faut garder le pied sur terre.
«On ne maîtrise jamais assez la CAN»
Depuis le triplé historique et inédit de l’Egypte (2006, 2008 et 2010), aucun tenant du titre n’est allé plus loin que les huitièmes de finale de l’édition suivante. Cinq des six nations, qui ont remporté la Can, ont été éliminées dès la phase de groupes de l’édition suivante. Seul, le Cameroun avait réussi à atteindre les huitièmes de finale à la Can 2019. Le Sénégal entend mettre fin à cette malédiction. Mais cela ne s’annonce pas facile.
Le dénommé « El tactico » en est conscient. « On ne maîtrise jamais assez la CAN. C’est une compétition très difficile. Les CAN se suivirent et ne ressemblent pas. Maintenant, c’est vrai, j’en suis à ma troisième CAN. On a donc emmagasiné de l’expérience dans toutes les sorties de l’équipe nationale, y compris en Coupe du monde. Mais nous sommes conscients que les réalités seront autres en Côte d’Ivoire », a affirmé Aliou Cissé.
L’équipe qui gagne ?
« Pour gagner la Can, il faut ressembler les critères techniques, physiques et psychologiques. Le Sénégal a ses atouts parce que 80% de l’équipe qui avait gagné est encore présente dans ce groupe. Des joueurs, qui peut-être, n’ont pas les grandes formes qu’ils avaient lorsqu’ils ont remporté le titre. Mais, on voit qu’il y a aussi d’autres joueurs qui ont intégré le groupe, qui sont aussi dans des grands clubs et sont performants. Ce mariage, je pense que ça pourrait donner quelque chose », analyse Alassane Ndour, ancien international sénégalais.
En Côte d’Ivoire, les hommes d’Aliou Cissé veulent conserver leur titre. Ils se savent attendus. Ils seront l’adversaire à battre, mais surtout, ils ont un groupe relevé avec des adversaires imprévisibles : Gambie et Guinée. Et le redoutable Cameroun. Pour Cheikh Tidiane, journaliste sénégalais, le Sénégal devrait prendre les matchs l’un après l’autre pour ne pas se mettre la pression.
« Le Sénégal est dans un groupe assez relevé avec deux voisins, la Guinée et la Gambie. Ça va être certainement des derbys. Il y a aussi le Cameroun qu’on ne présente plus que le Sénégal a, certes, battu, mais ce n’était qu’un match amical. Là, on est pleinement dans une compétition », ajoute l’analyste.
Pour cette Can, Sadio Mané est présent. Tout comme ses compatriotes de Saudi Pro League Kalidou Koulibaly et Edouard Mendy, mais aussi Abdou Diallo, Idrissa Gana Gueye, Ismaila Sarr. Le sélectionneur sénégalais n’a pas changé une équipe qui a beaucoup gagné.
Concentration
La nouveauté est plutôt à chercher du côté de l’attaquant Abdallah Sima, très prolifique cette saison avec les Glasgow Rangers, de Nicolas Jackson de Chelsea ou encore du milieu de terrain Lamine Camara (Metz), vainqueur du CHAN 2022 et de la CAN des moins de 20 ans 2023. « Cette équipe du Sénégal semble être un peu plus forte que celle qui a gagné le trophée à la dernière Can. Mais, le football n’est pas forcément ça. Il faut plusieurs paramètres », souffle le journaliste Cheikh Tidiane.
Pour Alasanne Ndour, il faut bien entrer dans cette compétition. « Les Lions doivent jouer, comme ils l’ont fait il y a deux ans, c’est-à-dire respecter les adversaires, attaquer cette Can avec beaucoup d’humilités, oublier déjà le sacre de leur dernière Can, venir avec beaucoup de rage pour bien entamer cette compétition », affirme cet ancien coéquipier d’Aliou Cissé en sélection.
Trésor Mutombo

