Ce jeudi 07 mars, les communautés namibiennes, dont les ancêtres ont été massacrés par les forces coloniales allemandes, ont exigé la restitution de leurs terres en conflit sur l’héritage du génocide allemand.
Elles appellent à de nouvelles négociations avec Berlin. C’est pour négocier le retour de leurs terres ancestrales saisies il y a plus d’un siècle.
Mutjinde Katjiua, chef d’une faction de l’Autorité traditionnelle Ovaherero, déclare que l’exclusion des descendants des communautés affectées des pourparlers s’écarte d’une résolution parlementaire de 2006, qui avait stipulé que les négociations devaient se dérouler entre ces communautés et le gouvernement fautif.
« Ce que nous avons maintenant, c’est un accord bilatéral pour financer l’aide au développement. Il ne s’agit même pas de réparations et de quelque chose à voir avec le génocide. L’Allemagne doit venir à la table, discuter avec nous, négocier avec les Hereros et les Namas, et ensemble, nous nous mettrons d’accord sur ce qui est approprié pour réparer les dégâts (causés) », a-t-il déclaré.
En mai 2021, l’Allemagne avait accepté de financer des projets d’une valeur de 1,1 milliard d’euros (1,2 milliard de dollars) sur 30 ans pour compenser les saisies de propriétés et les meurtres perpétrés par les forces coloniales allemandes entre 1904 et 1908. C’était après la rébellion des tribus contre la domination allemande.
Elle avait présenté ses excuses pour son rôle dans le massacre, qualifiant pour la première fois officiellement le massacre de quelque 65 000 Herero et 10 000 Nama de génocide. Mais, les observateurs estiment que l’Allemagne n’auraient pas dû adresser ses excuses à l’État namibien, qui n’existait pas au moment du génocide et n’avait pas de mandat pour parler à ce pays au nom des autorités traditionnelles Herero et Nama.
« Si rien ne marche, la seule chose sur laquelle nous pouvons mettre la main, c’est la terre parce que nous savons où elle se trouve, nous connaissons les noms des rivières, nous connaissons les noms des fermes », ajoute Mutjinde Katjiua.
Selon les communautés, la question de la propriété foncière n’a pas été abordée dans la déclaration commune de 2021, notant que les terres ancestrales conquises par les forces allemandes n’ont pas été restituées. Cette déclaration commune avait été soumise à la ratification du Parlement namibien.
Alors que les deux gouvernements discutent de la modification du document, Harald Hecht, président du Forum des Namibiens germanophones, indique que le processus a été suspendu. Les amendements proposés incluent la réduction de la période de 30 ans de l’accord à cinq ou dix ans.
Après la guerre mondiale, l’Allemagne, qui avait perdu tous ses territoires coloniaux, était la troisième puissance coloniale après la Grande-Bretagne et la France. Son passé colonial a été ignoré pendant des décennies. Les historiens et les hommes politiques se concentraient davantage sur l’héritage des crimes nazis, notamment de l’Holocauste.
Josaphat Mayi

