Malgré la prise de Goma et désormais Kavumu dans le Sud-Kivu par les rebelles du M23-AFC, soutenus par le Rwanda, les autorités campent sur leur position, refusant un dialogue direct avec cette rébellion.
Vendredi, le M23-AFC a poursuivi sa percée vers Bukavu. Il a capturé l’aéroport de Kavumu après des affrontements avec l’armée. Pendant ce temps, le président Tshisekedi participait à la conférence sur la sécurité à Munich, en Allemagne. Mais il a écourté son voyage et ne participera pas au sommet de l’Union africaine ce samedi.
A Munich, le président congolais a donné les raisons du refus de dialoguer avec le M23-AFC, qui continue pourtant de gagner du terrain. Il assure que « ce n’est pas une question d’égos et d’arrogance. « La première raison est que le M23 a massacré des populations et a bombardé des camps de déplacés, où il y avait des femmes et des enfants. Ils ont été massacrés. Pour nous, c’est un mouvement terroriste. On ne discute pas avec les terroristes », a déclaré Félix Tshisekedi, évoquant le processus de Nairobi qui règle la question de groupes armés.
D’après le chef de l’Etat, le M23 est logé dans la même enseigne que d’autres groupes armés évoluant en RDC. « Il doit avoir le même traitement. Donc, il doit rentrer dans ce cadre », a-t-il ajouté.
Depuis la résurgence de cette rébellion, les relations entre Kinshasa et Kigali sont dans une brouille profonde. En fait, la RDC accuse le Rwanda de l’agresser à travers les rebelles du M23. Pourtant, Kigali a toujours nié son implication, arguant qu’il s’agit d’un problème de Congolais.
Mais Félix Tshisekedi continue d’affirmer que le M23 est un mouvement vide de contenu, mais aussi un supplétif du Rwanda. « Dans le processus de Luanda, nous avons discuté avec le Rwanda. S’il n’avait rien à voir, pourquoi est-ce qu’il répondait aux invitations du facilitateur pour discuter avec la RDC. C’est le Rwanda qui se cache derrière et il envoie un mouvement dit de Congolais à la table de négociations pour venir parler de ses intérêts. Nous nous disons autant discuter avec le parrain lui-même pour qu’il nous dise quels sont ses intérêts au lieu de perdre notre temps et notre dignité à discuter avec un paravent », a dit le président congolais.
Entre-temps, les armes sont loin de se taire dans l’est de la RDC. Même si les églises catholique et protestante sont à la manœuvre pour un dialogue national inclusif. Depuis, ils ont lancé des consultations avec les acteurs politiques. Après avoir rencontré le président Tshisekedi, ils ont échangé avec l’opposant Martin Fayulu et se sont rendus à Goma pour discuter avec les responsables du M23-AFC. Jeudi, cette délégation a été reçue par le président Paul Kagame.
Malgré un appel pour un cessez-le-feu régional, les hostilités ont repris. Le Parlement européen a voté une résolution condamnant l’agression du Rwanda. Le gouvernement congolais a toujours exigé des sanctions contre Kigali. Même si Paul Kagame a, lors d’une interview à Jeune Afrique, affirmé n’avoir pas peur de sanction.
La Rédaction

