Depuis quand, dans un gouvernement, sent-on l’odeur de la gueule d’une fourmi ? Depuis que Lil Soso chante pour que tout le monde comprenne l’incompréhension, si ce n’est l’incompétence d’une nation en guerre qui ne veut pas réduire ses dépenses publiques. Il faut de l’argent pour les politiciens, encore et toujours, parce que la famille, c’est la famine du paradis. Allez, chante encore pour nous, Lil Soso : « cocorico, cocorico, cocorico ».
Il vient de le faire, et il n’est même pas cinq heures du matin sur ma montre. Quand on me demande : « Toi aussi, tu as mangé une fois avec Car-gommé ? », je réponds : « Non, non et non, pas la peine de me poser la question trois fois. Je ne le verrai qu’au paradis… ou au ciel, car on ne peut jamais s’imaginer en Afrique que le Chef, si ce n’est le Chef de tous les chefs, puisse aller au ciel du côté enfer… »
La RDC en mode : Lil Soso (petit poulet)
Nom d’une aubergine ! Le coq est l’animal fétiche des Français, surtout de Macron, qui adore venir manger le poulet mayo à Bandal, c’est Paris, en prenant sa bière sans jouer à la boulette russe, en venant nous apprendre les roulettes à la Zinedine Zidane alors qu’il n’a jamais jonglé avec un seul ballon de sa vie. Y en a marre de ce Macron qui va même recevoir nos Hommes de Dieu pour parler de paix en RDC alors qu’il pourrait seulement crier sur son pantin présidentiel rwandais.
La simple et bonne raison ? Nous sommes le plus grand monde francophone. Et donc, la langue de Molière, on la connaît, car on la voit nue partout dans nos têtes. Qui a parlé français un jour dira un jour bonjour en français coltan. Du coup, nous ne sommes pas contents. Nous ne serons jamais contents de lui, car il fait de la Russie un envahisseur terrible alors que chez nous… nous sommes déjà dans un génocide, et toujours SILENCE !
La RDC en mode : Lil Soso (petit poulet)
Silence, comme l’ancien Chef chassé de l’université Kara (indifférence). Pour certaines mauvaises langues, c’est normal, car comment quelqu’un peut-il faire une université tout en étant seul administratif, gardien, assistant, chef de travaux et professeur ultime ? Non ! Trop c’est trop, et ce n’est pas top. L’excès de silence est préoccupant. Qui pour faire enfanter les bruits ? Qui pour coucher avec l’abstinence de la transe ? Qui ? Qui ? Et donc, bonne nouvelle… en quelques sorties médiatiques (malheureusement pour nous), nous avons refusé de regretter les années où l’on nous imposait le silence comme un signe de sagesse.
Aujourd’hui, le silence est nu. On dort dessus avec toute la blancheur de la sainte barbe de l’ancien Chef qui trimballe encore au moins un signe de sagesse externe. Mais tout de suite, les mauvaises langues me poussent à me nourrir des bruits du bouc. Il a beau avoir la barbe, il n’est pas moins sage, car la sagesse, c’est comme l’argent : soit on l’a, soit on ne l’a pas. La sagesse, c’est comme le Congo : soit on est Congolais, soit on ne l’est pas. La sagesse, c’est comme finalement le poète : soit on l’est, soit on ne l’est pas. Il existe oui des faux prophètes, c’est normal, ils parlent tous au nom de Dieu.
Mais le poète est Dieu. Personne ne fait le Dieu sans perdre son latin. Alors, Lil Soso, chante pour nous le « Deux bouts congolais » ; assurément, nous ne comprendrons rien, mais ce ne sera pas si mal. On le chante déjà avec les vrais mots qui le composent, mais nous ne le comprenons toujours pas.
Christian Gombo, Ecrivain

