Après des inondations meurtrières dans sa partie Est, une pénurie d’eau frappe Kinshasa, capitale congolaise, mettant plusieurs ménages à rude épreuve.
Au lendemain de scènes de chaos, Kinshasa s’est réveillée sous un soleil de plomb. Des inondations ont provoqué plusieurs dégâts matériels, détruisant la station de traitement d’eau. Des dizaines de personnes sont devant un forage dans la commune de Bumba. Elles se pressent et tentent de s’approvisionner en eau. Il faut débourser 500 francs congolais pour deux bondons de 25 litres. Une version que les habitants de Bumbu contestent. Selon eux, la coupure d’eau dure depuis vendredi.
« Non, ici, cela fait presque quatre jours que l’eau ne coule plus au robinet. Vérifiez vous-même et vous verrez que le contour du robinet est sec, la preuve que l’eau ne coule plus depuis longtemps », déplore un père de famille, contraint de dépenser plus de 15 000 FC pour remplir ses réserves d’eau.

« Ce drame qui a secoué la ville nous a privé d’eau, comment se laver ? », se plaint Henock, habitant de la commune de Bumbu. Femmes, hommes, enfants, tous sont à la recherche d’eau dans les forages. Face à l’ampleur de la demande, les agents de sécurité d’une boulangerie locale ont commencé à vendre l’eau de forage initialement destinée à la fabrication du pain.
Une vendeuse de Malewa, restaurant de fortune, se dit habituée à la situation. « Depuis trois jours, je réserve 5 000 francs congolais par jour pour l’achat d’eau de forage », confie-t-elle.
Malgré les assurances du gouvernorat, l’eau ne coule toujours pas dans de nombreuses communes de Kinshasa. Mardi 8 avril, David Tshilumba, directeur général de la Regideso, a affirmé que les inondations ont causé des dommages considérables à ses infrastructures, notamment les usines de captage et de traitement d’eau de N’Djili, Lukaya et Mitendi.
Il a tenu à se montrer rassurant, assurant que « toutes les mesures idoines sont prises pour permettre une reprise coordonnée et accélérée de la desserte en eau dans les communes touchées ». Il a annoncé la remise en service de trois motopompes à l’usine de N’Djili, marquant le redémarrage effectif de la fourniture d’eau dans la partie Est de la ville.
Ephraïm Kafuti

