Aujourd’hui, Israël est le peuple de Dieu, oui, le seul peuple de Dieu, car c’est le seul peuple qui a le droit de se défendre en attaquant tout le monde, pour un tout ou pour un rien, peu importe.
C’est Dieu Lui-même qui leur donne les informations sur tout le monde avec une exactitude divine. Voilà pourquoi ils ont le droit d’attaquer pour se défendre, et le monde occidental applaudira son attaque, car la meilleure défense est toujours l’attaque. Et tant pis si l’on s’est trompé sur les intentions nuisibles des autres que l’on aura déjà réduits en cendres. Un simple communiqué laconique pourra suivre : « Nos experts se sont trompés. Nos sincères excuses. Même si, au moins, toute attaque potentielle et nuisible est morte. Et n’oublions pas, bon Dieu a donné, et il a repris, que toute la gloire lui revienne. Quelle ironie divine ! »
Et pendant ce temps-là, en RDC, ah, la RDC, les gens mangent, boivent et surtout s’aiment, parce que qui a besoin d’une arme nucléaire quand on peut se contenter d’un bon repas ? Pardon, c’est lourd à porter. Tant qu’on peut manger, boire et aimer, merci au Dieu d’Israël pour le souffle de vie qu’Il nous accorde. Après tout, entre un ami (Israël) et un frère (le reste du monde), le choix est clair. Ah, Mobutu ! Ah, Lumumba ! Pourquoi êtes-vous morts et enterrés avec les couilles de tous les Congolais ? Peut-être qu’ils pensaient que l’amour était une arme suffisante…
Israël a fait un excellent boulot à Gaza. La civilisation a le droit d’en être fière. Mais c’est un travail laborieux. Paris ne s’est pas fait en un jour. Alors, il faut calmer les ardeurs de tout le monde. Tout le monde n’a pas le droit à l’arme ultime. Car si on enlevait à Dieu l’enfer, Il ferait peur avec quoi ou à qui ? C’est pour cela que seules quelques nations très, très responsables ont le droit d’avoir l’arme-enfer, afin qu’elles puissent effrayer tout le monde sans avoir peur de le dire.
Quand on ne possède pas l’arme-enfer, il faut obéir. Voilà le monde d’aujourd’hui, et pendant que plusieurs nations peuvent faire taire avec l’arme-enfer, Dieu, lui, nous attend encore de l’autre côté avec son enfer. Dans cette vie ou dans l’autre, les carottes, les aubergines, les bananes, sont cuites…
Ainsi, dans ce grand théâtre des nations, Israël et la RDC semblent jouer des rôles diamétralement opposés. Tandis qu’Israël brandit son droit à la défense avec le soutien du monde, la RDC, elle, se débat dans l’ombre, où le droit à l’existence semble être un luxe. Comme deux faces d’une même pièce, l’une scintille sous les projecteurs, l’autre lutte pour être entendue. Dans ce ballet tragique, la voix du faible résonne, mais qui l’écoute vraiment ? L’ironie est que dans cette lutte pour la survie, les acteurs de chaque côté du miroir semblent comprendre que le véritable pouvoir réside non seulement dans les armes, mais dans la capacité à faire entendre leur voix.
Christian Gombo, Ecrivain

