Près de quatre morts et un disparu. Tel est le bilan d’une incursion d’hommes armés non identifiés dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, près de la frontière avec le Burkina Faso.
L’attaque a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dans le département de Téhini, dans le hameau de Difita. Il s’agit d’une première attaque meurtrière de ce type dans le pays près du Burkina Faso depuis 2021. « Le bilan est de quatre paysans tués, un habitant porté disparu, une femme grièvement brûlée. Plusieurs cases ont été incendiées et du bétail emporté », a-t-il expliqué.
En fait, le nord de la Côte d’Ivoire a été frappé en juin 2020 lors d’une attaque qui avait fait 14 morts au sein de l’armée à Kafolo. Deux autres soldats ont été tués en mars 2021. Ces attaques, avaient été attribuées à des djihadistes. Le 13 mars 2016, la Côte d’Ivoire a également été pour la première fois endeuillée par une attaque djihadiste à Grand-Bassam. Une station balnéaire proche d’Abidjan, qui a fait 19 morts.
La Côte d’Ivoire partage une frontière de près de 600 km avec le Burkina Faso. Depuis, elle tente, à l’instar d’autres pays du golfe de Guinée, d’endiguer la propagation des groupes djihadistes actifs au Sahel. Une source gouvernementale indique « qu’il pourrait s’agir d’un règlement de compte contre des personnes soupçonnées d’apporter du soutien aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) burkinabè ».
Des VDP sont des supplétifs civils de l’armée burkinabè déployés pour lutter contre les djihadistes. Ils sont également accusés de commettre des exactions contre des civils, en particulier contre la communauté peule, stigmatisée, car soupçonnée de constituer le gros des rangs jihadistes ou de collaborer avec eux.
Pour l’heure, les djihadistes et les VDP s’affrontent parfois à seulement quelques kilomètres de la frontière ivoirienne. Une zone poreuse et mal délimitée où pullulent également divers trafics, alors que la Côte d’Ivoire entretient des relations tendues avec son voisin burkinabè, dirigé par une junte. Les deux pays s’accusent mutuellement de déstabilisation.
Josaphat Mayi

