Qui veut la tête du capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte au Burkina Faso ? « Depuis le 13 janvier, les services de sécurité sont à pied d’œuvre pour démanteler un réseau de déstabilisation du Burkina Faso », a déclaré Jean-Emmanuel Ouédraogo, porte-parole du gouvernement burkinabè, dans un communiqué.
Pour le gouvernement, il s’agit d’une « énième tentative de déstabilisation déjouée ». « Ce réseau, qui implique aussi bien des militaires en fonction que des militaires radiés, des civils et des activistes, entre autres, planifiait de déstabiliser les institutions du Burkina Faso et de mettre un coup d’arrêt brutal au processus de refondation pour la dignité, l’intégrité, la liberté et la souveraineté de notre pays », a déclaré Jean-Emmanuel Ouédraogo.
Il rapporte que « des interpellations ont donc été faites, des entretiens menés et des analyses techniques sont en cours ». D’après lui, la date du 14 janvier était projetée par les porteurs de ce projet funeste pour le passage à l’action, en vue « d’exécuter leur plan diabolique, qui immanquablement aurait fait entrer le Burkina Faso à reculons dans l’histoire ».
« Pour réaliser leurs basses besognes, des individus ont été contactés dans différentes casernes militaires sur l’ensemble du pays, afin d’organiser une sorte de mutinerie », a ajouté le ministre Jean-Emmanuel Ouédraogo, évoquant notamment des « financements en cours de déblocage et de transfert depuis l’extérieur ».
Le ministre Ouédraogo affirme que « la vigilance des services de renseignement et la promptitude des forces patriotiques de défense et de sécurité ont permis d’interrompre la mise en œuvre de cette énième tentative de déstabilisation ».
Cette annonce intervient, alors que plusieurs enlèvements ont eu lieu ces derniers jours au Burkina, dont celui de l’ex-chef d’état-major de la gendarmerie, le lieutenant-colonel Évrard Somda, enlevé à son domicile de Ouagadougou par des « individus armés », selon ses proches.
Des sources renseignent aussi que plusieurs autres militaires ainsi que des civils ont aussi été interpellés. Fin septembre, le gouvernement avait déjà affirmé avoir déjoué « une tentative de coup d’Etat ».
D’après le porte-parole du gouvernement, des organisations de la société civile acquises à la cause de ceux, qui ont tenté de déstabiliser le pays, étaient appelés à prendre le relais. « En définitif, il s’agissait de créer des troubles favorables à l’intervention d’un commando venu de l’extérieur, en mesure d’attendre à la vie de plusieurs autorités de la transition et de semer le chaos », a-t-il indiqué.
Le Burkina Faso, en proie à la menace djihadiste, avait été le théâtre de deux putschs en l’espace de huit en 2022. Le capitaine Ibrahim Traoré, qui a déposé le colonel Paul-Henri Damiba, lui-même putschiste, depuis la transition censée ramener les civils au pouvoir.
La Rédaction

