La prison à perpétuité. Telle est la peine requise contre Issa Sallet Adoum, Ousman Yaouba et Tahir Mahamat, membres du Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R), un des plus puissants groupes armés en Centrafrique, selon un document de la Cour pénale spéciale (Cps) publié dimanche 14 août.
Jugés à Bangui, la capitale, pour crimes contre l’humanité, ces membres du groupe 3R sont accusés du massacre, le 21 mai 2019, de 46 civils dans des villages du nord-ouest, Koundjili et Lemouna.
D’après le document relayé par l’AFP, un des magistrats s’est appesanti sur les nombreux témoignages recoupant les faits, permettant ainsi d’étayer les propos ayant mené à l’inculpation des accusés à savoir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
Un autre magistrat a démontré la pleine responsabilité des accusés et particulièrement pour le cas de viol, dont la loi n’exige de la part de la victime aucun témoin sachant que lors de tels faits, seuls sont présents la victime et les bourreaux, rapporte la même source.
La Centrafrique est, depuis 2013, d’une guerre civile très meurtrière dans ses premières années. Mais depuis 2018, elle a baissé d’intensité. Cette guerre a opposé dans les premières années des milices à majorité musulmane coalisées au sein de l’alliance Séléka à d’autres les anti-balakas, dominées par les chrétiens et animistes. Les Nations unies accusent les deux camps d’avoir commis de crimes de guerre et contre l’humanité.
Créée en 2015 par le gouvernement sous le parrainage de l’Onu, la CPS est chargée de juger les crimes de guerre et contre l’humanité commis depuis 2003. Les travaux de la CPS ont été lancés en octobre 2018 avec les premières enquêtes.
Mervedie Mikanu

