Mosquée bondée, des prières, des échanges… Lundi 11 mars, le Ramadan s’est ouvert dans une bonne ambiance à Kinshasa, capitale congolaise.
Le premier jour du mois sacré de Ramadan a été marqué par une forte ambiance durant plus de deux heures dans les mosquées de la République Démocratique du Congo.
Kinshasa, capitale congolaise. Lundi 11 mars. Commune de Bumbu. Il est 18 heures 05. C’est le coucher du soleil. La voix d’un muezzin du mosquée Noun Wal Qalam s’élève. Il annonce en arabe la fin d’une longue journée ensoleillée. L’appel à la prière du soir (Maghrib) marque la rupture du jeûne. Les jeûneurs se réunissent sur le tapis pour rompre le jeûne. Souvent en famille, parfois seul ou encore en groupe.
Certains se précipitent pour faire l’ablution (Udu). C’est la purification avant la prière. L’heure a sonné. Le Cheikh lance le sualat (la prière). Plusieurs musulmans venant des quartiers proches affluent. « Le jeûne n’a été prescrit que pour amener le serviteur d’Allah à le craindre pieusement. Ce verset montre que l’objectif du jeûne consiste à atteindre les degrés les plus élevés de la piété susceptible de rapprocher les serviteurs de son Seigneur », glisse Yasin, vêtu d’une chemise rouge.
Dans la mosquée, des fidèles forment des rangs avant de faire la prière de la rupture de jeûne. Elle dure sept minutes. Puis, le dîner est prévu juste après. « Je suis heureux. Je me sens bien. On doit respecter ses principes. La crainte d’Allah s’acquiert à l’adoration, comme il le faut », dit-il.
Après une journée de privation, ces fidèles se préparent à se mettre à table. Certains semblent fatigués et attendent impatiemment le repas pour rompre le jeûne.
Au mois de Ramadan, la rupture du jeûne est collective chaque soir dans plusieurs mosquées. À Noun Wal Qalam. Les musulmans se réunissent. Ils prennent la bouillie avec des pains. C’est presque trente minutes. Après le repas, certains fidèles regagnent leurs domiciles. D’autres restent jusqu’à la fin.
Séance d’échange avant la dernière prière
Il est 19 heures. Le muezzin de la mosquée s’élève à nouveau. Il récite l’Azan. Il appelle à la prière d’ishaï. C’est la dernière prière quotidienne obligatoire sur les cinq. Les musulmans s’approchent. Ils se préparent. Ceux qui reviennent du travail, les rejoignent. La plupart de motards parquent en dehors. La prière commence. La mosquée refoule du monde.
Des fidèles, qui arrivent en retard, prient à la porte. Tout se passe sous une bonne ambiance, alors que le Coran est récité. Quarante minutes plus tard, la prière prend fin. Place aux échanges entre les fidèles et le cheikh.
« On avait programmé des séances d’échanges. Il faut poser des questions. Nous avons opté pour dix minutes, mais d’autres réclament que ce soit vingt. On verra au fur et à mesure qu’on avance avec le Ramadan », raconte le Cheikh. La cinquantaine révolue, il dirige toutes les prières depuis plusieurs mois.
Durant cette séance, des fidèles posent des questions au Cheikh. Ce dernier répond sous les regards attentifs de fidèles présents dans la mosquée jusqu’au moment de la prière dite « Al Taraweh ». C’est la fin de la première journée de jeûne.
Converti à l’islam depuis quelques mois, Djibril Maliki participe à son premier Ramadan. « Je voyais souvent mon grand-frère le faire. Et, aujourd’hui, j’ai la chance de le vivre moi-même. Cette première journée s’est bien passée. Je me sens bien », souffle Djibril.
En RDC, le ramadan, ce mois de jeûne pour les musulmans, a débuté lundi 11 mars. Cette année, le Ramadan s’ouvre dans un contexte sécuritaire difficile, marqué par les violences dans la partie orientale du pays, où l’armée congolaise et les rebelles du M23 s’affrontent. Dans les mosquées de Kinshasa, des fidèles se montrent solidaires et lancent des prières pour des populations de cette région.
« En ce moment du mois sacré de Ramadan, je souhaite la paix à chaque homme et femme ainsi qu’à chaque enfant, frère et sœur de la RDC dans l’est de notre pays. Rien ne justifie la guerre contre ce peuple souverain. Nous sommes ensemble. Je prie afin que la paix soit avec vous », espère Yasin Pambu, visiblement triste.
Josaphat Mayi

