Jeudi 18 juillet, l’Organisation des Nations unies a appelé les autorités à mettre en place des mesures urgentes pour garantir le respect des droits humains dans les prisons en Centrafrique.
Dans un rapport qui porte sur l’année 2023, elle fait état de tortures, de mauvais traitements, de détentions illégales et arbitraires. Ce document rapporte aussi que des milliers de personnes sont actuellement détenues dans des lieux de détention surpeuplés à travers le pays, alors que l’accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé de base y est limité.
En Centrafrique, la malnutrition, le manque de soins de santé appropriés et les conditions d’hygiène déplorables, ont provoqué la transmission de maladies en prison. D’après l’organisation onusienne qui déplore le manque de ressources suffisantes mises à disposition des détenus, le contexte de la réforme du système pénitentiaire en cours dans le pays est une occasion de s’attaquer à ces violations des droits humains.
La Centrafrique est en proie à des guérillas multiformes, menées par des rebelles ou des groupes armés contre les forces armées. Selon des sources, l’armée est soutenue par des mercenaires du groupe russe Wagner ou de son successeur Africa Corps.
En avril 2023, Human Rights Watch (HRW) avait révélé que le régime de Faustin Archange Touadéra, président depuis 2016, réprime la société civile, les médias et les partis politiques d’opposition. L’ONG avait invoqué de graves préoccupations sur des risques en termes de violations des droits humains et de réduction de l’espace démocratique et de la liberté d’expression.
D’après les chiffres officiels de l’ONU, à la fin de l’année 2023, 1.749 détenus attendaient en prison d’être jugés, dont Dominique Yandocka, député d’opposition, emprisonné depuis le 15 décembre. Et ce, malgré son immunité parlementaire. Il est accusé de tentative de coup d’État. L’accusation n’a toujours pas été étayée publiquement. Certains, d’autres, depuis presque six ans.
Josaphat Mayi

