En alertant sur le risque d’une guerre régionale, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, appelle à reprendre le dialogue pour faire taire les armes dans l’est de la RDC, en proie à l’activisme dans la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda.
Dans son discours d’ouverture à l’ouverture de la 58e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, le secrétaire général réitère son appel à l’endroit des parties à cesser les hostilités et à privilégier le dialogue.
« Nous sommes témoins d’un tourbillon mortel de violences et d’atroces violations des droits humains amplifiées par la récente offensive du M23 soutenu par les forces de défense rwandaises. Plus les villes tombent, plus le risque d’une guerre régionale augmente. Il est temps de faire taire les armes, l’heure est à la diplomatie et au dialogue », a déclaré António Guterres.
Malgré des appels multiples au cessez-le-feu, les hostilités se poursuivent dans l’est de la RDC. Après la prise de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, les rebelles du M23-AFC, soutenus par l’armée.
Jusque-là, la situation sécuritaire ne cesse de s’enliser. Pour António Guterres, Kinshasa et Kigali doivent mettre en application les résolutions issues du sommet des présidents des organisations régionales d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe (SADC-EAC) qui s’est tenu à Dar-es-salam, capitale tanzanienne.
« Les décisions prises ont ouvert la voie en renouvelant la voie à un cessez-le-feu immédiat ; la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC doivent être respectées. Le peuple congolais mérite la paix », a dit António Guterres.
Dans l’est de la RDC, la situation humanitaire est préoccupante. Selon la radio onusienne, des milliers de déplacés des territoires affectés par la progression des rebelles du M23 et leurs alliés rwandais n’ont reçu ni assistance sanitaire, ni abris, ni vivres.
À Genève, Judith Suminwa, Première ministre congolaise, a fait état de 7000 personnes tuées depuis janvier dernier. Elle renseigne que ces victimes sont mortes dans diverses circonstances, y compris les combats entre les Fardc et les rebelles du M23 à Nyiragongo et à Goma fin janvier.
La semaine dernière, Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, a condamné l’avancée des rebelles du M23. Elle les a accusés d’imposer de sévères restrictions sur la liberté de mouvements de la mission onusienne.
Le week-end, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution condamnant le soutien du Rwanda au M23. Kigali est appelé à retirer ses troupes du territoire congolais.
Josaphat Mayi

