L’attaque de rebelles du M23 contre un camp de déplacés à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, Est de la RDC, suscite beaucoup indignations.
Dans la foulée, le président Tshisekedi a écourté son séjour en Europe, où il était en tournée. « Je vous garantis que nous gagnerons ce combat, quoi qu’il en coûte », a déclaré Félix Tshisekedi devant la communauté congolaise de Belgique.
Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, a pointé « l’armée rwandaise et ses supplétifs terroristes du M23 » d’en être responsable. Des organisations régionales et sous-régionales condamnent ces bombardements, mais aussi les récentes avancées sur le terrain des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, selon les Nations unies.
L’Union européenne a, dans un communiqué publié dimanche 5 mai, condamné « l’utilisation de plus en plus régulière de l’artillerie lourde à proximité des de sites de déplacés ». Pour cette organisation européenne, cela a des conséquences tragiques pour la population prise au piège entre ces tirs croisés. Elle rappelle le besoin « urgent d’une « cessation immédiate des hostilités ».
La Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc) durcit le ton et adopte une posture offensive. D’après cette organisation sous-régionale, le ciblage délibéré d’innocents civils constitue une « violation flagrante du droit international ». La Sadc affirme combattre aux côtés de l’armée congolaise pour neutraliser la rébellion du M23 et maintenir la paix dans cette région.
« Les opérations visent à ouvrir les routes d’approvisionnement, et veiller à ce que les civils soient à l’abri de toute intimidation, déplacement et meurtre, afin que les communautés puissent mener leur vie quotidienne sans aucune interférence ni menace », a rapporté le communiqué de la Sadc.
Mais, la posture offensive de la mission de la Sadc est mal perçue par Kigali qui s’y est opposé dans une missive adressée à Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union africaine. Le Rwanda a toujours appelé à un processus politique pour régler la crise dans la partie orientale de son voisin congolais.
Après l’attaque dans le camp de Mugunga, Moussa Faki a condamné le bombardement meurtrier, sans toutefois mentionner explicitement le M23 et le Rwanda. Pour lui, le processus de Nairobi et de Luanda reste les voies pour résoudre cette crise.
Vendredi dernier, au moins quatorze personnes ont été tuées et trente-cinq autres blessés, selon un nouveau bilan avancé par le général Peter Chirimwami, gouverneur militaire intérimaire du Nord-Kivu. En fait, le camp de Mugunga a été touché par un bombardement de rebelles du M23.
Washington accuse aussi le Rwanda d’être à l’origine de ce bombardement meurtrier. Ce que Kigali rejette. Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a, dans un post sur le réseau social X, balayé cette accusation en la qualifiant de ridicule et d’absurde ».
« Comment parvenez-vous à cette conclusion absurde ? Les FDR (forces armées rwandaises), une armée professionnelle, n’attaqueraient jamais un camp », a-t-elle déclaré.
Trésor Mutombo

