Ce vendredi 7 février, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’est réuni en urgence à la demande de Kinshasa à Genève, en Suisse, où Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, a déploré la situation humanitaire dans l’est de la RDC.
La RDC a enterré plus de 2000 corps de personnes tuées lors des combats de la semaine dernière à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, selon Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais. Présente à la 37e session spéciale du Conseil des droits de l’homme sur la situation des droits de l’homme dans l’est de la RDC, Bintou Keita a réitéré son appel à la communauté internationale à plaider en faveur de la RDC.
Pour elle, une aide humanitaire immédiate atteint Goma. Il s’agit de la ville où les corps en décomposition ont été collectés dans les rues après des affrontements entre les rebelles et l’armée.
« Les corps en décomposition ramassés dans les rues de Goma ont incité l’OMS à mettre en garde contre des épidémies potentielles. Le personnel médical est confronté à des coupures d’électricité et manque de carburant pour ses générateurs. Il travaille dans des conditions extrêmement difficiles, conditions extrêmement difficiles, tout en assurant le traitement des patients et le fonctionnement des morgues. Je répète que la situation humanitaire à Goma est catastrophique », a déclaré Bintou Keita devant le conseil de sécurité.
Alors qu’Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, appelle à mettre fin à l’escalade militaire, les rebelles du M23 et les troupes rwandaises ont continué à progresser dans le Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Après s’être emparés de Goma, le groupe armé et les troupes rwandaises ont fait reculer les forces congolaises après des affrontements à une quarantaine de kilomètres de la localité de Kavumu, qui abrite l’aéroport de Bukavu, selon des sources sécuritaires et humanitaires.
Selon la cheffe de la Monusco, la reconstruction, la réouverture de l’aéroport international de Goma et l’arrêt du brouillage de GPS (Système de positionnement mondial) sont vitaux pour l’évacuation des blessés et l’entrée d’aide.
Jusque-là, la communauté internationale et des pays médiateurs, notamment l’Angola et le Kenya, tentent de trouver une issue diplomatique à la crise dans la crainte que le conflit ne dégénère en guerre régionale. Kinshasa réclame des sanctions contre Kigali.
Ce samedi, Félix Tshisekedi, président congolais, et son homologue rwandais, Paul Kagame, doivent participer à Dar es Salaam, capitale tanzanienne, à un sommet extraordinaire conjoint de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Josaphat Mayi

