Panique à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, où des rumeurs qui bruissent font d’état d’un recrutement d’enfants par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, dans des écoles.
Tout débute à l’école Rutoboko, des éléments du M23 ont débarqué pour faire un contrôle au sein de cet établissement. Ce qui a semé la débandade des écoliers. Des images écoliers en débande font le tour de réseaux sociaux, suscitant plusieurs réactions.
« Nous avons vu des véhicules militaires stationnés près de notre école avec un grand groupe de militaires armés. Ils ont perquisitionné l’école, soi-disant ils étaient en train de chercher les Wazalendo et militaires FARDC en divagation qui, selon eux, passaient la nuit au sein de notre école », confie à Sahutiafrica un enseignant sous l’anonymat.
La tension monte et plusieurs écoles ont renvoyé les élèves à la maison pour des raisons de sécurité. « J’ai eu la peur au ventre quand j’ai vu comment les enfants étaient en débandade dans une vidéo sur Facebook. Je suis vite parti chercher mes trois enfants. Gloire à Dieu, je les ai trouvés. Même si mon fils aîné est blessé au doigt puisqu’il devait sauter la clôture », raconte Brigitte Bahati, mère de trois enfants.
Certains parents disent ne pas savoir où seraient partis leurs enfants jusqu’à présent. D’autres personnes témoignent avoir vu des véhicules des militaires M23 cet avant-midi avec plusieurs jeunes garçons à l’intérieur sans savoir où est-ce qu’ils ont été amenés.
Malgré l’annonce de la reprise des cours par le M23 depuis le lundi 17 février 2025, certains parents hésitent encore pour amener leur enfant à l’école par crainte de la reprise effective de la sécurité dans la ville de Goma. Certaines écoles n’ont toujours pas encore rouvert, puisqu’elles ont été pillées, vandalisées et saccagées.
Les couvre-feux se font dans plusieurs quartiers de Goma pour chercher les Wazalendo, M23 et FDLR qui se sont dissipés dans différents quartiers et constituent une menace pour la population car auteurs de pillages, tueries de civils et vols à main armée, selon le M23.
Kinshasa accuse le M23 de commettre les exactions depuis la prise de Goma. A Genève, Judith Suminwa, Première ministre congolaise, a fait état de 7000 personnes tuées depuis janvier dernier. Elle renseigne que ces victimes sont mortes dans diverses circonstances, y compris les combats entre les Fardc et les rebelles du M23 à Nyiragongo et à Goma fin janvier.
RK

