Ce vendredi 20 octobre, des habitants du centre du Kenya ont protesté contre la lenteur du processus d’indemnisation pour un vaste incendie survenu en mars 2021, attribué aux forces armées britanniques stationnées dans la région.
« Deux ans et demi après (l’incendie), aucune compensation n’a été accordée aux personnes touchées et l’armée britannique utilise tous les stratagèmes des règles coloniales pour essayer de ne pas verser de compensation au peuple kényan », écrivent 7.000 plaignants dans une « lettre ouverte au gouvernement britannique » par leur avocat Kelvin Kubai lors d’une conférence de presse, cité par l’AFP.
Cette indemnisation est pilotée par un Comité de liaison intergouvernemental (IGLC), composé de représentants des deux pays.
Lors d’un exercice militaire mené par l’Unité de formation de l’armée britannique au Kenya (BATUK) basée près de la ville de Nanyuki, à environ 200 kilomètres au nord de la capitale Nairobi, la justice Kényane a ordonné le versement de compensations pour cet incendie qui a ravagé plus de 4.800 hectares.
Ces habitants dénoncent l’attitude de l’IGLC, qui multiplie les demandes de preuves des dommages causés. Ils demandent également un dédommagement pour des problèmes médicaux, tels que des « graves difficultés respiratoires » et des « problèmes permanents de vue », qui sont selon eux, le résultat de l’incendie survenu en mars 2021.
« De très nombreux agriculteurs n’ont pas pu faire repousser leurs récoltes, ni récupérer le bétail perdu dans ce terrible incendie », ajoutent-ils.
« Ils veulent nous insulter davantage en nous disant que nous devons prouver encore une fois les dégâts causés par leurs soldats négligents et arrogants. Il n’en demeure pas moins que l’armée britannique a détruit l’environnement dans lequel elle est invitée et qu’elle ne veut pas nous payer pour cela », estiment-ils.
Selon l’AFP, quelques centaines de personnes présentes sur le lieu ont scandé à l’issue de cette conférence de presse « nous voulons notre argent » et « les Britanniques doivent partir » en bloquant la circulation avant de se disperser.
Au Kenya, cette protestation des habitants de la place est intervenue à dix jours de l’arrivée du roi Charles III et son épouse Camilla au sol kényan qui sont attendus pour une visite d’État du 31 octobre au novembre prochain.
Le roi se rendra à Nairobi et dans le port de Mombasa, mais pas à Nanyuki, où est basé la Batuk, d’après l’AFP.
Josaphat Mayi

