En lançant le projet de gestion résiliente des ressources naturelles pour le tourisme et la croissance (Regrow) le week-end, la Tanzanie entend améliorer la gestion de ses ressources naturelles et des actifs touristiques.
Selon la Banque mondiale, au moins 100 millions Usd ont été déboursés pour ce projet, lancé en 2017. La Tanzanie est réputée pour ses parcs animaliers spectaculaires tels que le Serengeti, ainsi que pour abriter la plus haute montagne d’Afrique, le Kilimandjaro, et les îles de l’océan Indien, dont Zanzibar.
Dans ce secteur du tourisme, elle a généré 3,37 milliards de dollars de revenus en 2023. Selon les chiffres officiels, les arrivées internationales ayant rebondi de 24 % pour atteindre 1,8 million.
Pourtant mardi dernier, la Banque mondiale a annoncé avoir retiré son financement sur le projet avec effet immédiat. C’était après avoir reçu des informations suggérant des « violations politiques dans ce pays d’Afrique de l’Est.
L’Oakland Institute, un groupe de réflexion basé en Californie, a soulevé en septembre dernier des allégations d’expulsions forcées et de violations des droits, notamment des meurtres et des agressions sexuelles de communautés vivant à proximité du parc national de Ruaha, que le gouvernement envisage d’étendre dans le cadre de ce projet.
Il a rapporté que les gardes du parc, financés par REGROW, sont impliqués dans les meurtres de plusieurs villageois et dans de nombreux incidents de violence depuis le début du projet en 2017. Les recherches sur le terrain ont permis de recueillir des témoignages déchirants de ceux qui ont été confrontés à des violences sexuelles, des agressions brutales et des traitements inhumains de la part des gardes.
Mais Mobhare Matinyi, porte-parole du gouvernement tanzanien, explique que les enquêtes préliminaires ont révélé que ces allégations ne sont pas vraies.
« Nous attendons maintenant que nos collègues de la Banque mondiale apportent leurs preuves sur le sujet. La Tanzanie ne viole les droits de l’homme dans aucun projet de développement. Nous sommes sérieusement préoccupés par les droits et la dignité de la population », a-t-il dit.
Selon l’Oakland Institute, le gouvernement tanzanien prévoyait de déplacer de force plus de 20 000 personnes pour agrandir le parc.
La Rédaction

