En Libye, la Mission d’appui des Nations Unies (Manul) a lancé un appel pressant à la désescalade militaire à Tripoli, après des informations préoccupantes sur la mobilisation croissante de forces armées dans la capitale et ses environs.
Cette situation fait craindre une reprise imminente des violences, à peine deux mois après des affrontements meurtriers dans la ville. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, la Manul affirme constater une « augmentation des informations sur une mobilisation continue de forces militaires » autour de Tripoli. L’ONU exhorte toutes les parties à renoncer à l’usage de la force, en particulier dans les zones densément peuplées, et à éviter tout discours ou action politique pouvant aggraver les tensions.
En fait, les tensions actuelles s’inscrivent dans un contexte sécuritaire fragile. À la mi-mai, la capitale a été secouée par des affrontements violents entre forces gouvernementales et groupes armés puissants, que le gouvernement tente depuis de démanteler. Ces combats ont causé au moins six morts, selon les Nations Unies.
La Manul demande également le retrait « sans délai » des forces nouvellement déployées à Tripoli et appelle à la mise en œuvre urgente des dispositions sécuritaires prévues par les comités mis en place après les heurts de mai.
La Libye reste profondément instable depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux gouvernements rivaux continuent de se disputer le pouvoir : l’un basé à Tripoli, reconnu par l’ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah ; l’autre établi à l’est, à Benghazi, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar.
Initialement prévues pour décembre 2021, les élections présidentielles et législatives ont été reportées indéfiniment, faute d’accord entre les camps rivaux. Cette impasse politique entretient l’influence de groupes armés dans la capitale.
Lundi, dans une interview à une chaîne locale, le Premier ministre Dbeibah a exigé le départ immédiat des milices occupant illégalement des sites stratégiques à Tripoli, notamment l’aéroport de Mitiga, sous le contrôle de la puissante Force Radaa (Force de dissuasion), active dans l’est de la ville.
« Le dialogue et non la violence reste la seule voie viable vers une paix durable à Tripoli et dans toute la Libye », a insisté l’ONU, réaffirmant son engagement pour une solution pacifique et inclusive.
Ephraïm Kafuti

