En Erythrée, la situation des droits humains demeure désastreuse et ne montre aucun signe d’amélioration, a noté un rapport des Nations unies lundi 6 mars.
D’après ce rapport, la sécurité dans ce pays de la Corne de l’Afrique continue d’être caractérisée par de graves violations des droits humains qui s’explique par le manque de coopération des autorités d’Asmara.
« Il est alarmant que toutes ces violations des droits humains soient commises en totale impunité. L’ONU continue de recevoir des informations crédibles faisant notamment état de tortures, de conditions de détention inhumaines ou bien encore de disparitions forcées », a indiqué Nada Al-Nashif, Haute commissaire adjointe au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
L’Erythrée a une politique de conscription universelle à durée illimitée, qui s’est intensifiée à la suite du conflit au Tigré, dans le nord de l’Ethiopie.
Les troupes érythréennes ont soutenu les forces gouvernementales éthiopiennes dans leur offensive lancée en novembre 2020 contre celles des autorités rebelles de la région du Tigré, au nord de l’Ethiopie, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ennemi juré du régime d’Asmara, selon l’ONU.
Alors qu’ils ont soutenu les troupes les forces gouvernementales éthiopiennes, les Etats-Unis et des organisations de défense des droits humains ont accusé les forces érythréennes d’avoir commises des atrocités durant le conflit, dont le massacre de centaines de civils, dans la ville d’Aksoum ou dans le village de Dengolat.
Dans une rare conférence de presse donnée à Nairobi, capitale kényane, Issaias Afeworki , président d’Erythrée, a rejeté les accusations de violations des droits humains par son armée au Tigré, les qualifiant de chimère et de désinformation.
Le bilan précis de ce conflit jalonné d’exactions, qui s’est déroulé largement à huis clos, reste inconnu. Entre-temps, L’envoyé de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo, a déclaré mi-janvier que jusqu’à 600.000 personnes auraient été tuées.
Un accord de paix signé en novembre prévoit le retrait des troupes érythréennes, mais cela reste très lent et largement incomplet, selon le rapport présenté.
Mervedie Mikanu

