Vendredi 18 août, la Communauté économique des État de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) a déclaré avoir convenu un « jour non divulgué » pour une éventuelle intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger, si les efforts diplomatiques échouaient.
« Nous sommes prêts à partir dès que l’ordre sera donné. Le jour-J est également décidé, ce que nous n’allons pas divulguer. Au moment où nous parlons, nous préparons toujours une mission de médiation dans le pays. Nous n’avons donc fermé aucune porte, mais nous n’allons pas nous engager dans un dialogue sans fin », a déclaré Abdel-Fatau Musah, commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la Cédéao.
Il a fait cette déclaration à la fin d’une réunion de deux jours des chefs de l’armée ouest-africaine à Accra, capitale du Ghana, où ils ont élaboré la logistique et la stratégie d’un éventuel recours à la force au Niger.
« Il n’y a pas eu de réponse immédiate de la junte. Nous avons déjà convenu et affiné ce qui sera nécessaire pour l’intervention », a indiqué M. Musah, refusant de partager le nombre de soldats qui seraient déployés et d’autres détails stratégiques.
En fait, la Cédéao a adopté une position plus dure sur le coup d’État au Niger, le sixième dans la région élargie en trois ans. L’organe sous-régional sait que sa crédibilité est en jeu. Il avait déclaré qu’il ne tolérerait plus de tels renversements. La plupart de ses 15 États membres sont prêts à contribuer à la force conjointe, à l’exception de ceux qui sont aussi sous régime militaire, notamment le Mali et le Burkina Faso, selon la Cédéao.
« La décision est que le coup d’État au Niger est un coup d’État de trop pour la région. Et nous y mettons un terme en ce moment. Nous traçons la ligne dans le sable », a conclu Abdel-Fatau Musah.
Au Niger, pendant ce temps, les efforts diplomatiques se poursuivent. La Cédéao brandit la menace d’une intervention militaire pour rétablir le président Mohamed Bazoum, renversé lors d’un putsch le 26 juillet. Mais, la junte défie l’organisation sous-régionale et a même formé un gouvernement de transition.
Josaphat Mayi

