Au Niger, la crise politique et les sanctions imposées à la suite du coup d’Etat risquent d’avoir des effets humanitaires catastrophiques, ont indiqué les nations unies mardi 29 août.
« La crise politique en cours, sans solution claire en vue, génère de l’incertitude et de
l’inquiétude, alors que le pays continue de subir des attaques répétées de la part de groupes armés non étatiques, en particulier près des frontières du Mali et du Burkina Faso », a déclaré Emmanuel Gignac, le représentant du HCR au Niger, lors d’un point de presse à Genève.
Selon cette organisation onusienne, les sanctions et l’augmentation de la violence des groupes armés non étatiques ont aggravé les perspectives humanitaires déjà désastreuses pour les populations vulnérables au Niger.
M. Gignac souligne que la fermeture des frontières et les sanctions prises par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont fait grimper en flèche les prix déjà élevés des denrées alimentaires et des matières premières.
« Il est particulièrement inquiétant que les sanctions ne prévoient actuellement aucune exemption humanitaire. Si ces sanctions ne sont pas levées et si nous ne sommes pas en mesure d’acheminer suffisamment d’aide humanitaire, cela pourrait avoir des effets catastrophiques à moyen terme », a-t-il estimé.
Alors que les humanitaires ne sont actuellement pas prêts à faire face à un afflux soudain ou à un mouvement de population en l’espace de quelques jours, il est donc important de mettre en place un régime d’exemptions humanitaires aux sanctions, selon M. Gignac.
Les nouvelles violences, dont des attaques meurtrières, qui frappent ce pays sahélien depuis le coup d’Etat, ont provoqué le déplacement de plus de 20.000 personnes, selon le HCR qui s’inquiète des besoins humanitaires croissants.
L’organisation onusienne a constaté une augmentation de 50% des incidents dits de protection, tels que les enlèvements, la violence de genre et la violence domestique, dans les cinq jours qui ont suivi le coup d’Etat.
Les personnes les plus menacées sont les quelque 350.000 ressortissants nigériens qui étaient déjà déplacés à l’intérieur du Niger avant le coup d’Etat ainsi qu’un nombre similaire de réfugiés et de demandeurs d’asile qui se trouvent dans le pays.
Mervedie Mikanu

