L’explosion d’une mine terrestre a fait au moins dix morts et vingt-trois blessés dans une région en proie à la violence djihadiste depuis plusieurs années, située dans le nord-est du Nigeria, ont annoncé des sources locales jeudi 18 avril.
Elles indiquent que les victimes sont des agriculteurs et des pêcheurs, qui ont quitté la ville-garnison de Monguno mercredi. C’était pour se rendre sur les rives du lac Tchad.
Leur véhicule a heurté une mine terrestre, soupçonnée d’avoir été posée par des djihadistes de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) liés à l’EI, selon des sources.
Selon Musa Kaka, membre d’une milice anti-jihadiste qui prête main forte à l’armée nigériane, le véhicule a heurté l’explosif placé sur la route près du camp de Mosquito, à trois kilomètres de Monguno vers 09h30. Ce qui a provoqué une explosion, qui a détruit le véhicule. « Nous avons retrouvé 10 cadavres et 23 blessés sur les lieux », a-t-il dit.
Bello Adamu, un autre milicien anti-djihadiste qui a donné le même bilan, renseigne que les morts ont été enterrés mercredi. Les blessés, eux, ont été transportés dans un hôpital de la ville.
En Afrique, depuis quelques années, la violence jihadiste s’est propagée au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins. L’Iswap, qui a fait sécession en 2016 de la faction rivale Boko Haram, est désormais dominante dans la région du lac Tchad.
Les deux groupes jihadistes sont connus pour poser des mines terrestres sur les routes et les autoroutes afin de cibler les convois militaires et civils dans le cadre de leur insurrection qui dure depuis 2009. Ces attaques ont fait 40.000 morts et plus de deux millions de déplacés.
Les membres de l’Iswap ont été repoussés de plusieurs zones qu’ils contrôlent. Mais ils sont toujours actifs dans des zones reculées. Sur place, ils attaquent les convois qui sortent des villes protégées par l’armée.
Josaphat Mayi

