En rejetant l’exception d’incompétence, la Cour constitutionnelle va entamer l’examen du fond du dossier dans l’affaire Bukanga Lonzo, où Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre congolais devenu député national, est impliqué.
Lundi 14 avril, le procès a repris après plusieurs reports et péripéties. L’affaire oppose le ministère public à l’ancien Premier ministre, à l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogracias Mutombo, et à l’homme d’affaires sud-africain, Kristo Grobler. Ils sont accusés de détournement de fonds publics liés au projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, un projet phare du gouvernement congolais.
Présidée par Dieudonné Kamuleta Badibanga, la Cour constitutionnelle s’est montrée intéressée par la confirmation du décaissement de 204 millions USD par le Trésor public en faveur de la société Africom. Elle était chargée de la gestion du parc agro-industriel. Cette somme est au cœur des accusations portées par le ministère public.
Le procès a connu un démarrage difficile. Initialement prévu depuis le début du mois de mars, il avait été reporté en raison de l’absence des accusés. Mais leurs avocats ont invoqué un défaut de convocation. Le procureur général John Moke Mayele avait alors dénoncé une manœuvre dilatoire, soulignant la nécessité de ne pas céder aux « caprices » des accusés.
Après avoir accordé un ultime délai, le président Kamuleta avait averti « qu’aucun autre report ne serait toléré ». La prochaine audience, fixée au 23 avril, sera consacrée à la poursuite de l’examen de l’affaire.
L’affaire Bukanga Lonzo porte sur des accusations de détournement portant sur un montant total de 205 millions USD. Ces fonds étaient destinés au développement d’un parc agro-industriel, censé garantir la sécurité alimentaire du pays.
Depuis le début de l’affaire, Augustin Matata Ponyo clame son innocence et dénonce un procès politique. La défense a toujours argué que les fonds ont été utilisés conformément aux objectifs du projet.
Ephraïm Kafuti

