Les prix des produits de première nécessité sont en hausse sur les marchés de Kinshasa, capitale de la RDC. La situation inquiète certains ménages.
« Préparer à manger avec un six mille francs congolais était possible il y a quelques temps. Mais tout a changé ces derniers temps. Il faut au minimum 10.000 FC (5 Usd) bien qu’insuffisants pour espérer faire les courses et nourrir une famille. Nous mangeons de fois par miracle. Les enfants ne comprennent pas le contexte de la crise actuelle, nous n’avons pas d’autre choix que de leur trouver à manger », confie Nadège Ntoya, femme ménagère, dans la quarantaine.
Dans les marchés, vendeurs et acheteurs se plaignent de la hausse des prix. Pour le Kinois moyen, il devient de plus en plus difficile de joindre les deux bouts.
«Les produits de première nécessité tels que l’huile raffinée, et l’huile de palme, même certains ingrédients qui contribuent à la bonne cuisson des aliments, dont j’ai l’habitude de préparer sont devenus rares. S’ils sont là, les prix sont élevés. La rareté occasionne la hausse de prix. C’est un déséquilibre, je n’ai pas assez d’argent pour tout acheter à ce prix. Par conséquent, je suis obligé de réduire la taille de ma table. Je prépare désormais une petite quantité de nourriture. Ce qui est un manque à gagner », dit Célestine Lutonadio, vendeuse dans un restaurant de fortune (Malewa). Elle a l’air fatigué mais confiante de reprendre le sourire en fin de journée selon l’évolution de son commerce.
De son côté, Françoise, une vendeuse des pains, se plaint de la réduction de la quantité de pain pour faire sa commande. « Une commande est faite avec beaucoup de difficulté à cause de la rareté de la farine. D’habitude, je fais la commande de 45.000 FC (près de 22,5 Usd) mais notre société de panification me sert que la commande équivalente à 10.000 FC. Je pense qu’il y aura une hausse de prix du pain dans les jours à venir », observe t-elle.
Certaines familles s’adaptent à la flambée de prix des produits de première nécessité. « On apprend à se discipliner face à cette crise. Nous sommes obligés à gérer la nourriture, sinon nous risquons de crever de faim. Nous mangeons avec beaucoup de réserve, dans l’espoir que la situation s’améliore au plus vite », relate Ranette Mvemba, mère de six enfants, la quarantaine. Certains observateurs soutiennent que cette hausse serait liée à la guerre en Ukraine. Quelques semaines plus tôt, c’est la rareté de carburant qui était constatée à la pompe à Kinshasa notamment.
Mervedie Mikanu

