Tard dans la soirée de jeudi 06 juillet, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a condamné les chefs de files d’une bande reconnue coupable d’enlèvement, association de malfaiteurs et meurtres. Si cette sentence réjouit un grand de Kinois, certains ne sont pas rassurés.
« Cette peine est celle qu’ils méritaient. Je me réjouis du peu que je gagne en vendant des boissons sucrées. Mais, ces jeunes ont cherché à avoir plus pour montrer à leurs followers sur les réseaux sociaux qu’ils doivent en payer les conséquences », déclare Papy, la trentaine, père de famille. Il vend des boissons au grand marché de Kinshasa. Tôt le matin, Papy et ses clients discutent de la peine prononcée par les juges. La plupart d’entre eux sont d’accord avec les juges. Mais, ils s’interrogent si ces jeunes vont réellement purger cette peine.
Depuis trois jours, vingt-sept personnes, suspectées d’être impliquées dans des enlèvements à Kinshasa, ont comparu devant la justice dans une procédure de flagrance en audience foraine dans l’enceinte de la concession qui abrite le ministère de l’Intérieur. La majorité des suspects sont passés aux aveux.
Mais, sur la toile, certains Kinois sont restés sur les soifs. « Je crois que le tribunal devait d’abord poursuivre son enquête pour démanteler le système, les présumés auteurs des infractions déclarent qu’il y a aussi certaines autorités dans cette affaire (enlèvement) pourquoi une précipitation à prononcer le jugement », regrette Joyce Kakese dans un tweet.
Nicola Mavakala pense que « la justice s’est précipitée pour clore l’affaire ». « Aucune enquête approfondie menée pour démanteler tous les réseaux. Aucune attention quant à la demande des prévenus de tout dire. Les prévenus avouent être sous pression (par certains bourreaux) de ne dire que ce qui est essentiel. C’est un peu comme une sorte de précipitation », estime-t-il.
Ce procès s’est ouvert après une vague d’indignation sur le phénomène de kidnapping, observé à Kinshasa sur fond de soupçons de trafic d’organes. Mais, le gouvernement congolais rejette cette hypothèse. D’après le porte-parole du gouvernement, « il ne faut pas tomber dans la panique ni dans la peur. Il ne faut pas croire à tout ce qui se dit ». Pour Patrick Muyaya, le trafic d’organes nécessite une logistique énorme et la police n’a jamais démantelé un laboratoire de ce genre d’opérations.
Joe Kashama

