Depuis plus de 10 ans, quelques Congolais de la diaspora, notamment en France, Belgique, Allemagne et Londres, étaient vent debout contre les productions des artistes musiciens congolais notamment en Europe et aux Etats-Unis.
Ces combattants ont pris un peu plus d’envergure autour du l’opposant Honoré Nganda et des artistes musiciens comme Boketshu 1er en Belgique.
Mouvement hybride entre la culture et la politique, ces combattants s’opposait à Joseph Kabila qu’ils accusaient de Rwandais et de ne rien faire pour la RDC contre les différentes agressions du Rwanda. Dans les rues de Paris, les combattants ont organisé des marches, soutenus quelques opposants congolais, notamment Etienne Tshisekedi, le père de l’actuel président de la RDC.

Alors, selon les entretiens que nous avons pu avoir avec quelques uns de leur leader, « les combattants reprochaient aux artistes congolais de chanter pour le pouvoir de Kabila », un pouvoir qu’ils ont qualifié de sanguinaire.
Du coup, dans la foulée, les différents artistes qui avaient produit des chansons de campagne pour Joseph Kabila ont été la cible des attaques, même quelques personnalités du régime ont été passé à tabac.
Aujourd’hui, cette lutte a-t-elle encore du sens avec l’avènement du nouveau régime?

La question vaut la peine d’être posée. D’autant plus que quelques musiciens, notamment Félix Wazekwa, se sont plaint de voir que l’attitude des combattants porte préjudice à la culture et à la musique congolais qui a du mal à s’exporter et à laissé place à l’Afrobeat du Nigéria et d’autres musiques africaines.
Pourquoi s’en prendre à des musiciens, au lieu de descendre à Kinshasa pour prendre langue avec les politiques?
Pourquoi ne pas former une structure politique qui pourrait porter le combat des combattants auprès des institutions en RDC?
Ce sont des questions qui valent la peine d’être posées alors qu’aujourd’hui, les combattants accusent toujours le pouvoir de Kinshasa d’être passif face aux guerres dans l’est de la RDC. L’accusation de nationalité rwandaise est parti avec l’ancien régime.
Comment alors pacifier les relations entre les congolais amoureux de la musique et les combattants qui s’en prennent aux musiciens? Ils accusaient aussi les musiciens de Kinshasa de véhiculer des obscénités et anti valeurs dans leurs chansons.
Cela a-t-il changé dans le contenu des chansons? La question reste entière.
Jacques Matand’

