« Matiti nazo bwaka » annonce un pousse-pousseur. Comprenez en français, « Je vous décharge les immondices ». Le pousse-pousseur continue avec ce crie qui s’imprime assez facilement, parce qu’il y met du rythme. Il sillonne les rues de la commune de Kasa-vubu, quartier de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Ce pousse-pousseur a déjà ramassé d’autres déchets. Ils sont nombreux, ces éboueurs à Kinshasa, la capitale congolaise. Ils ramassent les saletés dans les ménages et vont les déverser dans décharges publiques. Certaines sont dans les rues et proches des maisons d’habitation. L’odeur qui se dégage est nauséabonde. Rencontre avec les éboueurs dans les rues de Kinshasa. Ils déchargent les familles de leurs poubelles.
« Il n’est pas question que l’on assimile ma personne aux détritus que je suis sensé débarrasser de la ville. Personne ne fait l’effort d’aller jusqu’au bac à ordures. Les gens jettent tout par terre sans considération pour le travail que nous faisons. Je fais des kilomètres avec les déchets, sans protection possible et je suis fier de mon boulot », a déclaré Samy Nkonde, trentenaire et éboueur à Kinshasa.

Eboueur faute d’emploi
Parmi les éboueurs, certains le deviennent parce qu’ils n’ont pas de choix ou faute de perspective. Marc Mamba, 27 ans, également éboueur à Kinshasa en plein service, surprend. « J’avais juste besoin d’un chariot pour surmonter une situation difficile de ma vie. Je suis gradué de l’ISTA (Institut supérieure des sciences appliquées). Mais avec ce boulot, je me retrouve avec pas moins de 40.000 FC (équivalent de 20 USD) par jour », a déclaré Marc. Interrogé sur les lieux des dépôts de ces immondices collectés, il a déclaré que pour chaque chariot, un éboueur est obligé de payer 3.000 FC(1,5 USD) aux sites requis par l’autorité urbaine. Cet universitaire confie être dans ce travail parce qu’il ne trouve d’embauche qui corresponde à sa formation d’ingénieur.
Glody est agent d’une société dénommé « Poussa ». L’entreprise emploie les éboueurs. Glody confie être assidu à son travail d’éboueur et travaille tous les jours excepté dimanche de manière assidue de 7 heures à 17 heures en évacuant des immondices. Une tâche laborieuse lorsqu’on considère l’étendue de l’agglomération de Kinshasa.

Difficile de vivre à côté des décharges publiqu
En revanche, la population environnante des différentes sites subit les affres des maladies de toutes sortes. Tel est le cas à Saio, un site des dépôts des immondices à Kinshasa. « Nous sommes exposés à des maladies diarrhéiques, du paludisme et de la fièvre typhoïde avec ses odeurs des détritus. La meilleure des solutions serait de changer ce site », s’inquiète Fiston Mazinga, un résident de la capitale congolaise.
Samuel Mabwati dit son « ras le bol auprès des autorités locales par rapport à ces immondices collectés dans les rues de Kinshasa et nous qui subissons les retombées ».
« C’est de l’incivisme de certaines personnes qui préfèrent jeter les ordures par terre à côté du bac parce qu’elles le font étant assises dans leur véhicule au lieu de se donner de la peine de descendre, nous avons la peine de respirer ici », affirme Tony, un résidant de la ville. Il ne faut même pas parler des déchets qui sont jetés à travers la ville alors qu’il y a une campagne en cours dénommée « Kinshasa bopeto » (Kinshasa propre). Il y a encore du travail pour assainir la ville et améliorer les conditions de travail des éboueurs.
Ali Maliki

