RDC: faciliter l’accès des filles à une bonne éducation

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Assise à même le sol. Des cries d’enfants en pleurs juste à côté. Marceline, une fille de joie, vend son corps pour survivre. “J’étais obligée de me prostituer pour nourrir ma famille. Je suis orpheline de mère. Quand mon père s’est remarié avec une autre femme, celle-ci me forçait à coucher avec les hommes pour gagner de l’argent. Depuis lors, c’est devenu mon job”, confie cette femme dans la quarantaine à sahutiafrica.net.

Dans la commune de Kinsenso à Kinshasa, plus de 60% des filles, selon les estimations, ne sont pas scolarisés. Et certaines sont devenues fille-mères.

Pourtant, l’éducation est un droit fondamental pour tous les enfants. Selon l’article 28 de la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, ratifiée par 195 pays et la RDC. L’éducation d’une fille est reconnue comme un des leviers les plus puissants pour sortir de la pauvreté et pour s’émanciper. Car scolariser une fille, c’est lui permettre de prendre confiance en elle, de faire ses propres choix et d’avoir un métier pour construire son avenir.

Les filles restent les premières victimes d’inégalité. D’après le statistique du plan-international.fr, “près de 120 millions de filles, soit 1 fille sur 10 de moins de 20 ans, ont été confrontées à la violence sexuelle au monde.

En Rdc, dans l’Est du pays, tout comme à Kinshasa, les femmes sont victimes des inégalités et plus exposées à la pauvreté, l’ignorance des lois et du droit, aux violences, ainsi qu’aux mariages précoces et forcés, grossesses précoces, etc.

À Kinsenso, deux infirmières ont été violées dans un hôpital de la place, fin septembre dernier. “Je suis déjà mère de deux enfants. Cela m’est arrivée, parce que j’étais violée quand j’avais encore 16 ans. Depuis lors tout a basculé dans ma vie. Je n’ai pas de moyen d’aller à l’école”, explique une habitante de Kinsenso.

Situation différente de Falonne Mapuka

“Ma mère m’a toujours dit qu’il n’y a pas des possibilités pour moi, d’aller à l’école. Elle a privilégié mon frère, parce que c’est un homme. Il est difficile pour lui d’avoir une meilleure vie sans étudier. Ma mère me disait que je me marierai un jour, donc elle m’a toujours préparé au mariage”, raconte Falonne Mapuka, jeune femme dans la vingtaine.

Une Infirmière de formation, sous couvert de l’anonymat, estime que la non-scolarisation de fille «est un problème psychologique. Il faudrait organiser des campagnes de sensibilisation partout dans la ville, créer des organisations tels que, ONG, Orphelinats etc… qui pourront  s’occuper des jeunes filles» pour leur faire comprendre l’importance de l’éducation. Une situation qui va permettre déjà de réduire les inégalités, mais aussi permettre aux filles d’avoir plus de chance de s’en sortir dans la vie et ne pas seulement penser aux mariages comme finalité.

Inès Kayakumba

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