L’armée congolaise collabore avec les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) pour combattre la rébellion du M23 en territoire de Rusthuru dans l’est de la RDC, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW).
D’après cette source, des officiers ont, dans certains cas, apporté un soutien direct aux groupes armés, qui pour la plupart se sont retirés de leurs positions sur la ligne de front depuis fin août. HRW indique qu’il s’agit de groupes armés impliqués dans de graves exactions.
Cette organisation dit avoir eu des entretiens avec cinq combattants de groupes armés, sept témoins d’abus et membres des familles de victimes, ainsi qu’avec des activistes, des responsables civils et militaires congolais, des membres du personnel des Nations Unies et des travailleurs humanitaires.
Elle rapporte que « les chefs de plusieurs groupes armés congolais, rivaux, ont conclu un pacte de non-agression. Puis ont formé une coalition « patriotique » pour joindre leurs forces à celles de l’armée congolaise ».
Pourtant, le président Félix Tshisekedi dit être opposé à toute alliance entre des commandants militaires et des groupes armés. « Le gouvernement congolais devrait mettre fin à ce soutien, qui entraine une complicité de l’armée dans les exactions, identifier les officiers responsables et leur faire rendre des comptes », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal pour la RDC à HRW. Pour lui, les officiers, qui collaborent avec des groupes armés responsables d’exactions sapent le devoir des forces armées de protéger tous les Congolais.
HRW appelle le gouvernement congolais à effectuer une refonte du secteur de la sécurité, notamment avec l’adoption d’un plan visant à mettre fin à l’impunité pour les auteurs de graves violations des droits humains, comprenant un mécanisme d’assainissement pour l’armée et les autres services de sécurité, une entité judiciaire internationalisée et un programme complet de réparations pour les victimes d’abus.
La résurgence de la rébellion du M23 a brouillé les relations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, qui s’accusent mutuellement de velléités de déstabilisation et de soutien aux groupes rebelles.
Pour la RDC, le M23 est un mouvement terroriste soutenu par le Rwanda. Accusation que Kigali a toujours nié, même si un rapport d’experts onusiens confirme le soutien du Rwanda aux rebelles du M23, qui occupent toujours Bunagana. De son côté, Kigali accuse l’armée congolaise de coaliser avec les rebelles FDLR.
Les deux pays voisins ont décidé de la désescalade à travers une feuille de route dite de Luanda. Mais sur le terrain, la situation ne semble pas évoluer. Lors de l’Assemblée générale des Nations unies, le président Tshisekedi et Paul Kagame ont échangé autour d’Emmanuel Macron, président français, pour un apaisement de tensions.
Trésor Mutombo

