Une manifestation réprimée des jeunes connus sous le nom de « Wazalendo » contre la Monusco et la force de l’EAC a ensanglanté la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDCongo. Bilan ? Une quarantaine de morts, une cinquantaine de blessés et plus d’une centaine d’arrestation, selon le gouvernement congolais. Cette affaire fait grand bruit en RDC et est largement commentée.
« Nous déplorons des actions qui ont porté atteinte à l’ordre public et qui ont causé la mort par lapidation d’un élément de la police entrainant ainsi une intervention des forces de l’ordre pour restaurer la quiétude et la sérénité dans la ville », a déploré Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais.
Mercredi 30 août, la ville de Goma est en ébullition. Des jeunes du mouvement « Wazalendo » entre dans la ville. En fait, leur leader Ephraïm Bisimwa avait appelé à une manifestation contre la présence de la Monusco et des forces de l’EAC. La manifestation est interdite par les autorités de la province du Nord-Kivu.
Les manifestants s’obstinent et la manifestation qui devait être pacifique dégénère en affrontement entre les « Wazalendo » et les forces de l’ordre et de sécurité.
Tirs de gaz lacrymogènes et à balles réelles. Accrochages entre forces de l’ordre et manifestants. Bilan? Plusieurs dégâts matériels… Au lendemain de cette manifestation, des voix s’élèvent pour condamner la violence des militaires et de la police.
Opposants et acteurs de la société civile avancent un bilan lourd de perte en vie humaine. « D’après le rapport transmis par les autorités militaires et médicales, le bilan fait état de : 56 blessés, dont 20 soignés à l’Hôpital Militaire du Camp Katindo, 29 à l’Hôpital CBCA NDOSHO et à l’Hôpital Heal Africa », rapporte le mouvement Lutte pour le changement.
« Si le gouvernement admet qu’il y a eu 43 morts soyez en sûr qu’il y a plus de cinquante voir même cent », a déclaré Bienvenu Matumo, membre de la Lucha à RFI.
Le gouvernement de Kinshasa et le gouvernement provincial du NOrd-Kivu n’avancent pas le même bilan. « Le gouverneur militaire parlé de 6 morts et Kinshasa parle de 43. Vraiment c’est louche. Pourquoi c’est grand écart ? », s’interroge Didier Paluku, membre de la société civile de Goma.
Dans un communiqué, les Nations unies ont déploré le fait qu’une manifestation non autorisée occasionne des « lourdes pertes ».
Entre-temps, la vie a repris à Goma et ses environs. L’opposant Martin Fayulu déplore le fait que les dépouilles de victimes ont été traitées avec le plus grand déni d’humanité. L’opposant condamne « un carnage à Goma perpétré par les FARDC sous le commandement du gouverneur militaire du Nord-Kivu ».
L’auditorat militaire a annoncé avoir ouvert une enquête pour établir les responsabilités.
RK et Trésor Mutombo

