Au Soudan du Sud, la branche armée du parti d’opposition de Riek Machar, vice-président, a accusé les forces fédérales du président Salva Kiir d’avoir attaqué deux centres d’entraînement de ses hommes aux portes de Juba.
La répétition de telles attaques près de la capitale fait craindre un nouvel embrasement dans le plus jeune Etat de la planète, en proie à une instabilité chronique qui l’empêche de se remettre de la sanglante guerre civile qui avait opposé MM. Kiir et Machar.
Ce conflit avait fait près de 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018. « Hier, vers 15H00 (13H00 GMT), les Forces de défense du peuple sud-soudanais (SSPDF, loyales à Salva Kiir, NDLR) ont attaqué le centre d’entraînement de Rambur, entraînant sa fermeture », a accusé sur Facebook le colonel Lam Paul Gabriel. Rambur se trouve au nord-ouest de Juba.
Et « ce matin vers 04H00 » (02H00 GMT), « les SSPDF ont également attaqué le centre d’entraînement de Rajaf », situé à 15 km au sud-est de la capitale, a ajouté le porte-parole du SPLA-IO, branche armée du parti SPLM-IO de Riek Machar. Deux correspondants de l’AFP à Juba y ont entendu des détonations au petit matin mercredi.
Les deux centres d’entraînements visés forment des forces de l’opposition pour qu’elles soient intégrées aux Forces nationales unifiées (NUF), censées rassembler les armées des deux camps, une disposition de l’accord de paix de 2018 qui reste peu appliquée.
L’armée loyale au président Salva Kiir n’a pas confirmé ces frappes. Le colonel Lam Paul Gabriel a de son côté dénoncé des « actes terroristes ». « Le SPLA-IO se réserve le droit de se défendre », a-t-il averti.
L’opposition sud-soudanaise avait dénoncé la veille des frappes sur une de ses bases militaires près de la capitale, condamnant une « provocation » et une « violation de l’accord de paix de 2018 ».
Ces frappes aux portes de la capitale suivent plusieurs semaines d’affrontements entre forces fédérales loyales au président et une « Armée blanche », milice accusée par le pouvoir de collaborer avec M. Machar, notamment dans le nord-est.
Lul Ruai Koang, porte-parole de l’armée pro-Kiir, avait de son côté averti lundi que des forces pro-Machar « intensifiaient leurs mouvements » près de Juba et avaient dépêché une patrouille vers des positions de l’armée « clairement en formation militaire ».
AFP/Sahutiafrica

