Accusé d’avoir traité les policiers de tyrans, Rached Ghannouchi, chef du mouvement tunisien d’inspiration islamiste Ennahdha, parti d’opposition, a de nouveau comparu devant pôle judiciaire antiterroriste ce mardi 21 février.
« Ce sont des procès montés de toutes pièces qui ciblent l’opposition avec des dossiers vides », dénonce l’opposant. Il accuse le président Kais Saied d’instrumentaliser la justice.
Pour le parti Ennahdha, la comparution de M. Ghannouchi survient dans la foulée d’une série d’arrestations menées dans les milieux politiques depuis début février.
Farouche opposant au président Saied, Rached Ghannouchi doit aussi se présenter jeudi devant la brigade de recherche et d’investigation de la police dans le cadre d’une autre enquête ouverte sur la base d’une plainte d’un policier, affirmant être en possession d’un enregistrement téléphonique compromettant pour le chef d’Ennahdha, selon son parti.
Présent sur place, Ahmed Néjib Chebbi, président de la principale coalition de l’opposition, le Front de salut national, dénonce un acharnement judiciaire contre M. Ghannouchi. « C’est une politique de courte vue face aux échecs économiques et sociaux et face à l’isolement international du pouvoir », a-t-il déclaré à l’AFP. Il se convainc que « la répression n’a jamais arrêté le torrent de la liberté ».
Depuis le 25 juillet 2021, le président Saied concentre tous les pouvoirs et a révisé la Constitution pour instaurer un système ultra-présidentialiste aux dépens du Parlement qui ne dispose plus de réels pouvoirs.
Au moins dix personnalités, pour la plupart des opposants appartenant au mouvement Ennahdha et ses alliés, mais aussi le directeur d’une grande radio privée et un très influent homme d’affaires ont été arrêtées depuis début février lors d’un coup de filet.
Mervedie Mikanu

