Lundi 31 mars, la police Zimbabwéenne a été déployée dans les principales villes du pays, où les entreprises et les administrations étaient fermées, pour contrer les manifestations exigeant le départ du président Emmerson Mnangagwa.
Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent un petit groupe de personnes, qui tentent de se rassembler sur la place Robert Mugabe à Harare. Mais ils sont dispersés par les forces de l’ordre. Dans la deuxième ville du pays, Bulawayo, les principaux commerces et bureaux sont restés fermer et seules quelques personnes se trouvaient au marché de produits frais.
Citée par le média CITE, une habitante de la place affirme que la police a frappé fort. « C’était annoncé comme une marche pacifique mais la police commence déjà à frapper les gens. Je reste ici et si je dois mourir, cela sera pour le bien de mes enfants », a déclaré une manifestante.
Au Zimbabwe, le parti de la Zanu-PF est au pouvoir depuis l’indépendance en 1980. Pour l’heure, le chef de l’État fait face à la plus vive contestation depuis son arrivée au pouvoir à la faveur d’un coup d’État il y a huit ans. Il est entre luttes intestinales au sein de son parti et colère croissante de l’opinion sur fond d’économie défaillante. Les manifestants s’inquiètent d’un éventuel maintien du président Mnangagwa au pouvoir après la fin de son mandat en 2028.
La semaine dernière, le surnommé « le crocodile » pour son caractère impitoyable et sa ruse politique, un ancien combattant de la guerre d’indépendance et ancien cadre de la Zanu-PF au pouvoir a appelé à des manifestations contre Emmerson Mnangagwa lundi. Sur les réseaux sociaux, Blessed Geza a expliqué que la démarche de destituer M. Mnangagwa a déjà commencé.
En fait, M. Geza et sa faction de vétérans de la guerre, qui a conduit à l’indépendance, font pression pour remplacer le chef d’Etat par son vice-président, Constantino Chiwenga. Il s’agit d’un général à la retraite et l’homme orchestre du putsch contre le président Mugabe en 2017.
Après les appels à des manifestations pour réclamer le départ du président Emmerson Mnangagwa, la police avait annoncé avoir renforcé ses positions dans tout le pays. Elle a indiqué qu’elle prendrait des mesures contre toute personne incitant à la violence, dans ce pays d’Afrique australe où les manifestations sont rares et très contrôlées par les autorités.
Josaphat Mayi

