Le Zimbabwe va reprendre possession des terres inutilisées des agriculteurs noirs qui ont bénéficié de réformes agricoles prises par l’ex-président Robert Mugabe. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement zimbabwéen ce mercredi 30 mars. Mais Harare ne reprendra pas possession des fermes productives.
« Les personnes dont les terres agricoles sont inutilisées et celles qui possèdent plusieurs fermes perdront des terres. La terre sera donnée aux aspirants agriculteurs à partir d’une liste d’attente laissée par les cycles précédents de réforme agraire », a dit Anxious Masuka, ministre zimbabwéen de l’Agriculture, à l’AFP.
Il indique que certains fermiers blancs ont déjà été autorisés à récupérer des terres à travers des partenariats locaux. « Le Zimbabwe a un espace géographique fini. Nous avons attribué 99% des terres. Et les terres que j’attribue actuellement à ceux qui sont sur la liste d’attente sont des terres que je prends aux Noirs, que j’attribue aux Noirs. Nous laisserons une famille avec une ferme », a-t-il ajouté.
Ce pays d’Afrique australe souffre de pénuries alimentaires chroniques, tandis qu’un quart de million d’agriculteurs sont sur la liste d’attente pour des terres.
En 2000, l’ancien président Robert Mugabe a lancé des réformes agraires, expulsant de force les fermiers blancs et donnant leurs terres aux Noirs. Le programme était censé réparer l’héritage du colonialisme britannique. Mais dans la pratique, de nombreux proches alliés de Mugabe se sont retrouvés avec plusieurs fermes.
Après la chute de Robert Mugabe en 2017, son successeur, Emmerson Mnangagwa a adopté un discours réformiste et promis d’indemniser des agriculteurs expropriés.
AFP/Sahutiafrica

