En Tanzanie, le gouvernement est revenu d’interdiction d’exporter des animaux sauvages, a annoncé Pindi Chana, ministre tanzanienne du Tourisme, dimanche 5 juin. D’après lui, des nouvelles consultations sont en cours.
« Il y avait une annonce qui autorisait l’exportation d’animaux sauvages, mais en tant que ministre responsable, j’ai immédiatement arrêté cela. Il n’y aura pas d’exportation d’animaux vivants tant que nous poursuivons les consultations et jusqu’à ce que le gouvernement en décide autrement », indique-t-elle.
La décision de lever l’interdiction a provoqué une levée de boucliers sur Internet, de nombreux Tanzaniens appelant à sa révision. « Les Maasai sont destructeurs, d’où leur expulsion forcée du Ngorongoro ! Si vous voulez mon avis : ils veulent que les Masaïs quittent les zones de conservation pour pouvoir capturer/exporter à leur guise sans yeux indiscrets », a écrit un internaute sur Twitter.
Samedi, l’ONG de protection de la nature WWF a averti « qu’un assouplissement de l’interdiction risquait de saper les progrès réalisés en matière de protection de la faune et de la flore, en encourageant notamment le braconnage ».
La mesure instaurée en 2016 vise à sauvegarder les espèces d’animaux et d’oiseaux protégés du pays, qui étaient illégalement expédiés. Mais selon décision initiale, la levée de l’interdiction d’exporter des animaux sauvages était fixée pour une période de six mois allant du 6 juin au 5 décembre. Cette échéance était censée permettre aux commerçants d’écouler les stocks d’animaux, dont l’exportation a été bloquée en vertu de l’interdiction.
Grâce à ses parcs nationaux riches en faune sauvage, la Tanzanie attire les touristes pour ses safaris et ses plages de sable blanc sur l’archipel de Zanzibar. Mais en 2010, les médias locaux avaient révélé qu’au moins 116 animaux et 16 oiseaux, dont certaines espèces protégées, avaient été exportés illégalement de l’aéroport du Kilimandjaro (nord du pays), à bord d’un avion qatari.
Mervedie Mikanu

