Accusée d’avoir mené un programme d’avortements de masse sur des femmes rescapées de groupes djihadistes, l’armée nigériane a, mercredi 7 décembre, affirmé n’avoir jamais forcé les femmes et les filles secourues à avorter. Et qualifie cette enquête d’insulte à la culture du Nigeria.
Pour l’armée, sa mission est de protéger les civils. « Pour eux (Reuters), ils se sont engagés à produire un rapport précis, juste et complet, d’où leur demande d’organiser un moment pour discuter avant leur rapport », a déclaré l’état-major de l’armée nigériane. Dans sa réaction, l’armée nigériane martèle qu’elle ne peut être à l’origine d’un « programme aussi maléfique et certainement pas sur (son) propre sol ».
Selon les témoignages recueillis par les journalistes de Reuters, les soldats assuraient aux femmes que les pilules et les injections données étaient destinées à rétablir leur santé et à combattre des maladies telles que le paludisme. « Dans certains cas, les femmes qui résistaient étaient battues, frappées à coups de bâton, tenues en joue ou droguées pour qu’elles obéissent », a noté cette enquête.
Au Nigeria, la religion tient une place centrale, que ce soit dans le nord à majorité musulmane ou dans le sud à majorité chrétienne. L’avortement y est illégal, sauf lorsque la vie de la mère est en danger. Dans le nord, il est passible de 14 ans d’emprisonnement.
Confrontés à une insécurité généralisée, dont l’insurrection djihadiste de Boko Haram et de l’Etat islamique dans le nord-est, les Nigérians éliront le 25 février un successeur au président Muhammadu Buhari, qui ne se représente pas après deux mandats, comme le prévoit la Constitution.
Ali Maliki

