Tickets de pari en mains, regrets, pleurs, cris, joie… L’émotion est vive dans les différents centres de pari sportifs. A Kinshasa, capitale congolaise, les paris sportifs attirent et sont devenus un ascenseur financier pour les jeunes Congolais.
« Ahhh, match kaka moko ebomi ngai (Il ne reste que deux matchs pour gagner). J’ai raté beaucoup d’argent. 200. 000 Fc », se désole un parieur. Il tient une dizaine de tickets de pari sportifs.
A Lemba, commune située dans le nord de la capitale, le centre d’un pari-sportif est rempli. Plusieurs bouts de papiers sont à terre. D’autres froissés. Sur les écrans, les images de rencontre de football, basketball, course de chevaux défilent.
Gagne-pain
Certains parieurs sont plantés devant les listes de rencontres de la journée. D’autres s’échangent des idées sur la mise et d’éventuelle combinaison. Berry vient d’arriver au centre d’un pari-sportif. Muni d’un stylo, il se pointe devant le tableau, où les listes de toutes les rencontres sont placées. Berry Malongi compose ses matchs.
« Aujourd’hui, je serai sans pitié contre le propriétaire de Winner. Il m’a beaucoup bouffé. Je mise 5.500 pour trois matchs de 2.19 qui me donneront 60.000 FC. Donc, plus des buts à la deuxième mi-temps qu’à la première. J’ai déjà des matchs sûrs pour cette mise », raconte Berry Malongi, étudiant au campus de Kinshasa, à Sahutiafrica.

Gaël Kay, lui aussi étudiant, est à la quête d’argent. « Un jour, j’avais juste misé 2500 Fc pour quatre matchs de plus de buts à la deuxième mi-temps. Je ne savais même pas. J’étais concentré à autre chose toute la journée. Le soir seulement, je me dis de vérifier mon ticket, j’ai vu tous les matchs être validés. Donc, ticket-gagnant », raconte l’étudiant. Même s’il préfère cacher la somme remportée. Mais son histoire ressemble à conte de fée.
Depuis, Gaël Kay, fan du football, ne se prive pas de parier. Mais, il sait qu’avec le pari sportif, il faut naviguer sur un fleuve tranquille et troubles à la fois. Regarder un match de football n’est plus qu’une passion. C’est devenu un gagne-pain pour les jeunes, qui restent dans des centres de paris sports, parfois jusqu’à leur fermeture.
Des parieurs sont patients. Mais Roberto, à la cinquantaine révolue, est un fan du FC Barcelone. Ces derniers jours, il n’a pas gagné dans ses mises. Mais, il continue de persévérer.
«Samedi et dimanche sont deux jours bénis»
« Nazoyeba te. Eza kindoki. To bazo loka ngai. Un mois mobimba, nalie te. Soki omoni ba montants azo lianga mundele oyo, mais oyokelinga mawa. Motema pasi vraiment. (Je ne comprends pas, mais cela fait un mois que je n’ai pas gagné. Pourtant, je mise des grands montants. Si vous le regardez, vous aurez pitié de moi », se plaint-il.

Le week-end, il y a plusieurs rencontres de différents championnats européens. Les parieurs tentent leur mise, alors que les agents de pari sportif se frottent les mains et ont le sourire aux lèvres. Mais, il faut rester concentré.
« Samedi et dimanche sont deux jours bénis pour nous, agents de Winner, toutes ces grandes équipes jouent le week-end », souffle un agent d’une société de pari sportif. Mais il nuance. « Pas le lundi, où le centre est parfois vide ».
« Je dois être concentré pour bien travailler et générer beaucoup d’argent. Parce que nous sommes rémunérés en fonction de ce qu’on fait entrer. Cela veut dire chaque montant qu’on amène à l’entreprise chaque jour, à un pourcentage. La sommation constitue notre salaire », explique cet agent.
Béni Bavila

