Jeudi 3 octobre, des centaines de jeunes ghanéens sont descendus dans les rues d’ Accra pour demander la libération de cinquante-quatre manifestants arrêtés en septembre.
Ils protestent aussi contre les activités minières illégales. Entonnant l’hymne national ghanéen. Des chants patriotiques, les manifestants, vêtus de rouge et de noir, ont dansé dans les rues d’Accra. Peu nombreux. Ils ont brandi des pancartes portant des slogans tels que « L’exploitation minière illégale nous tue. La cupidité détruit les nations et Arrêtez la galamsey maintenant ».
Cité par l’AFP, Henry Tagoe, l’un des organisateurs indique qu’ il ne pouvait pas rester les bras croisés. « alors que nos rivières et nos plans d’eau sont empoisonnés par le mercure.
L’exploitation minière illégalement détruit notre environnement et notre avenir. Nous exigeons la libération immédiate de nos collègues manifestants. Ils n’ont fait qu’exercer leur droit de s’élever contre cette injustice », a-t-il déclaré.
En fait, le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique, est confronté depuis des années à l’impact négatif de la galamsey. L’exploitation minière illégale menace notamment la culture du cacao. Mais, face à la crise économique qui traverse le pays depuis 2022, un nombre croissant de producteurs vendent leurs terres à des mineurs illégaux.
La perte de terres agricoles, les activités minières contribuent également à la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques via les produits chimiques utilisés pour l’extraction.
Le 22 septembre et 23 septembre, cinquante-quatre manifestants ont été interpellés pour troubles à l’ordre public. C’était pour avoir bloqué des routes et brûlé des pneus à l’occasion de manifestations lancées le 20 septembre contre le Galamsey.
Des manifestants portaient des bouteilles d’eau polluée provenant des rivières Pra et Birim, afin de souligner l’impact dévastateur de l’exploitation minière illégale, localement appelée galamsey sur l’environnement.
Si l’exploitation minière illégale est devenue une question centrale à l’approche des élections générales de décembre dans ce pays de 33 millions d’habitants, les organisateurs ont également autorisé de manifester vendredi et samedi. Mais jusque-là, la mobilisation de jeudi est restée faible.
Josaphat Mayi

