Figure voyante de l’opposition en Ouganda, Kizza Besigye a entamé mercredi 12 février une grève de la faim pour dénoncer sa détention.
Selon Erias Lukwago, son avocat, M. Besigye se sent contraint de recourir à la grève de la faim pour dénoncer « sa détention illégale ». Il affirme que « l’état de santé de son client se détériore rapidement en raison de la grève, l’empêchant de participer à certaines audiences.
Farouche opposant au président Yoweri Museveni, Kizza Besigye a été enlevé au Kenya en novembre. Depuis, il est détenu à Kampala, où il est jugé pour atteinte à la sûreté de l’Etat. L’opposant de 68 ans encourt la peine capitale pour « trahison » devant une cour martiale. Mais Winnie Byanyima, son épouse et directrice de l’OnuSida, dénonce un « simulacre ».
Ancien médecin personnel du président Museveni, M. Besigye s’est rallié à l’opposition il y a 25 ans. Il s’est présenté sans succès à quatre élections présidentielles.
Bien que la Cour suprême ait jugé inconstitutionnelle en janvier la juridiction des tribunaux militaires sur les civils, le président Museveni a contesté cette décision, arguant que ces tribunaux sont un « instrument utile pour la stabilité ». L’armée a également déclaré qu’elle poursuivrait le procès de M. Besigye.
L’ONU et plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leur vive inquiétude concernant la répression croissante de l’opposition en Ouganda à l’approche de l’élection présidentielle de janvier 2026.
Ephraïm Kafuti

