Le gouvernement soudanais veut prendre les mesures nécessaires pour le soutien du Kenya sur la mise en place d’un gouvernement parallèle par les Forces de soutien rapide (FSR) rivales de l’armée régulière, a annoncé le ministre soudanais des Affaires étrangères lundi 24 février.
Khartoum qualifie le soutien du Kenya « d’irresponsable et hostile ». Le ministère soudanais des Affaires étrangères a fermement condamné l’aval donné par les dirigeants kényans à une charte politique signée ce week-end à Nairobi par les FSR et des groupes politiques et armés alliés.
Il vise, selon eux, à établir un gouvernement de paix et d’unité dans les zones du Soudan contrôlées par les rebelles. Il déclare qu’un dangereux précédent en violation du droit international constitue une grave menace pour la sécurité et la paix régionales.
Dimanche, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a salué la signature d’un accord de paix et la formation d’un gouvernement d’unité entre acteurs soudanais.
Quelques heures après, le ministère soudanais a fustigé au contraire une évolution qui va « élargir le champ de la guerre et en prolonger la durée ». Il a également mis en garde contre les retombées sur les relations bilatérales avec le Kenya, en particulier en matière économique.
Depuis avril 2023, le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhane et le commandant des FSR, Mohamed Hamdane Daglo, autrefois alliés, sont engagés dans une lutte pour le pouvoir qui a plongé le pays dans une guerre dévastatrice. Jusque-là, ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, déraciné plus de 12 millions de personnes et engendré un désastre humanitaire.
Les deux belligérants sont accusés de crimes de guerre, et les FSR sont formellement accusés de « génocide » par Washington. Récemment, les Nations unies ont mis en garde contre une augmentation de « la fragmentation » du pays.
Le mois dernier, le Kenya et les Émirats arabes unis ont signé un accord économique important. Les Emirats ont été accusés à plusieurs reprises par l’ONU et les Etats-Unis de fournir des armes au FSR. Des accusations qu’ils nient jusque-là.
Pour l’heure, l’armée soudanaise et ses alliés progressent actuellement contre les FSR dans la capitale Khartoum et le centre du pays. Si le gouvernement soudanais s’en était déjà pris au Kenya pour l’accueil de cette initiative, il avait rappelé jeudi son ambassadeur à Nairobi. Le Soudan accuse le président William Ruto d’agir selon ses intérêts commerciaux et personnels avec les sponsors régionaux de la milice.
Josaphat Mayi

