Pour oublier le vol, pour oublier le viol, pour oublier la violence, et surtout pour s’oublier, parce que nous sommes une cible, nous sommes des proies. Les prédateurs, eux, les chasseurs, devenus nos violeurs naturels, ont plus qu’une arme entre les mains ; ils ont des armes à feu entre leurs jambes.
Depuis toujours, par devant, par derrière, à gauche, à droite, dans les airs même, d’où il n’y a plus moyen de s’envoyer en l’air, on nous … La mort, l’indignité, l’oubli, l’effacement, l’inexistence, et surtout la mort vivante qui nous hante et nous nargue, en crevant les rides du temps sur nos visages — tombeaux, tombés dans la misère d’une éternité qui danse avec le vice …
30 joints depuis 1960…
Parce que le plus beau Congo était en Lumumba. En faisant disparaître son corps, ils ont fait disparaître le beau Congo. En faisant disparaître Lumumba 65 ans après, ils nous ont volé nos rêves. Et le pire viol contre nous et contre l’humanité se trouve dans notre esprit. Qu’on le veuille ou non, nous devons regarder droit dans les yeux ceux qui enfourchent leurs armes dans la fleur de ma mère, de ma sœur, de ma femme, le tout avec un rire moqueur, pendant que nos prières vers Dieu tombent dans les spams.
Pendant ce temps, eux peuvent tout s’permettre dans les corps de nos femmes. Et quand ils sont humains, ils leur font manger leurs bananes entre les jambes, les forçant à donner vie à des bombes humaines… Ah Lumumba ! Pourquoi n’as-tu pas appris à danser « magoda » ? Pourquoi n’as-tu pas joué au Congolais seulement ? Pourquoi ? Tu as voulu être dieu. Tu l’as ton éternité, et nous, ta dent qui ne vaut même pas un penny. Qui m’en voudrait si je disais « pénis » ? Personne. Sauf peut-être le maudit écrivain Maudit qui a cru que Trump est coltan du Congo ! Misère ! 65 ans après, bateki mboka et Trump qui « trumpe » partout le monde saurait-il seulement tenir sa parole envers nous alors que nous n’avons aucun moyen de pression contre lui ? Des femmes violées, des enfants violés, des hommes violés et violeurs y en a et l’homme, qui répare les femmes, n’est pas prêt d’aller en retraite.
30 joints depuis 1960…
Et personne ne veut mourir. Personne ne peut mourir. Parce qu’ici, la vie et la mort sont au pouvoir de la queue ! Et les couilles ont tout sauf des cervelles. Les couilles parlent de tout sauf de la véritable indépendance du Congo. Ce sera encore arrosé ce 30 juin 2025, pendant que nous, depuis 1960, tardons à finir nos 30 joints, parce qu’il faut boire pour oublier qu’on est une chose. Il faut boire pour oublier son malheur. Il faut boire pour s’oublier. Il faut boire pour perdre les os et son esprit, parce que, de partout, le viol nous empêche de bander ou de jouir.
Aucune fiction ne saurait décrire nos maux. En tant que peuple, nous demandons pardon à Satan, parce que lui, au moins, est bien en face de tous ces violeurs de nos finances publiques et de tous ces violeurs de nos femmes et hommes, qui ont perdu la joie de s’asseoir normalement, déjà si ce n’est pas humainement. Et quand nous sommes allés voir un homme de Dieu pour lui dire nos malheurs, il nous a demandé, en nous interdisant de parler aux morts (donc adieu Lumumba), et il a fini par nous dire que « tout concourt au bien pour ceux qui aiment Dieu ». Depuis, nous continuons de boire pour comprendre Dieu et surtout son silence, qui est la plus belle rime contre l’existence…
Pour le reste comme partout en Palestine, circulons, il n’y a rien à voir, chantons, dansons, buvons et surtout baisons : indépendance cha cha …
Christian Gombo, Ecrivain

