Ce samedi 13 avril, l’Union africaine a exhorté les autorités maliennes à fournir une « feuille de route » pour la transition post-coup d’Etat.
Pour l’UA, cette démarche est nécessaire pour ramener le Mali à un régime démocratique. Plus tôt cette semaine, la junte militaire du Mali a ordonné la suspension de toutes les activités politiques – invoquant la nécessité de maintenir l’ordre public – et l’Union africaine a exprimé sa « grave préoccupation » face à cette décision, estimant qu’elle risquait d’entraver le retour à la démocratie.
Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre nommé par les colonels militaires qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keita en août 2020, a déclaré jeudi soir que les élections n’auraient lieu qu’une fois que le pays, confronté à une grave crise sécuritaire, se serait stabilisé.
Les dirigeants maliens ont été confrontés à des critiques nationales et internationales depuis que l’armée n’a pas respecté ses engagements d’organiser l’élection présidentielle en février, puis de démissionner.
Jeudi, la junte a également interdit la couverture médiatique des partis politiques, alors que les colonels ont étendu leur répression contre la dissidence dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Dans un communiqué, le président de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa « grave préoccupation » face aux derniers développements, affirmant qu’il « appelait les autorités à reconsidérer cette décision et à travailler sur une feuille de route visant à achever le processus de transition en cours ».
Il a averti que la suspension des partis et des associations politiques risquait de « gêner la mise en œuvre d’un processus de transition inclusif dans le pays ».
Le chef de l’UA a souligné « la volonté de l’Organisation de travailler avec les autorités de transition et toutes les parties prenantes maliennes pour rétablir l’ordre constitutionnel, dans les délais prescrits, en vue de promouvoir une paix, une stabilité et un développement durables au Mali ».
Le bloc a suspendu le Mali en juin 2021. Le Mali est depuis 2012 en proie à la montée du djihadisme dans un contexte de grave crise sécuritaire, politique et humanitaire. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a entrepris une réorientation stratégique, rompant sa longue alliance avec l’ancienne puissance coloniale France et favorisant des liens militaires et politiques plus étroits avec la Russie.
Sous la pression du bloc régional de la CEDEAO, la junte avait promis d’organiser des élections et de rendre le pouvoir aux civils d’ici le 26 mars, mais aucun vote n’a été organisé.
Les Nations Unies ont exprimé jeudi leur inquiétude face à la décision de la junte de suspendre ses activités politiques, le Département d’État américain faisant écho aux critiques et appelant à des élections.
La junte a ordonné l’année dernière le retrait de la mission de stabilisation de l’ONU, la MINUSMA, et a mis fin en janvier à un accord de paix de 2015 avec les groupes séparatistes du nord.
Les États voisins du Sahel, le Burkina Faso et le Niger, ont également subi des coups d’État militaires en 2022 et 2023 respectivement. Les trois pays se sont tous engagés à quitter la CEDEAO au profit de leur propre alliance sahélienne.
AFP/Sahutiafrica

