Au Sénégal, Macky Sall poursuit les négociations sur une nouvelle date de la présidentielle

Les pourparlers de crise convoqués par le président sénégalais Macky Sall sont entrés mardi dans leur deuxième journée dans le but de fixer une date pour une élection présidentielle qu’il a reportée, tandis que la société civile tentait de mobiliser le soutien pour un vote dans les prochaines semaines.

 

Le Sénégal est aux prises avec sa pire crise politique depuis des décennies après le report de dernière minute des élections du 25 février par Sall. Le Conseil constitutionnel a annulé ce retard et Sall, dont le deuxième mandat expire le 2 avril, a lancé lundi deux jours de négociations pour fixer une nouvelle date.

 

Le collectif Aar Sunu Election (Protégez nos élections), composé de plus de 100 groupes de la société civile, a appelé à la fermeture de toutes les villes du pays et à une grève générale mardi, exigeant que le scrutin ait lieu avant que Sall ne quitte ses fonctions.

 

Deux lycées proches du centre de la capitale Dakar ont annulé les cours, a constaté un journaliste de l’AFP. Mais dans l’ensemble, cet appel semblait rester largement ignoré dans les quartiers centraux de la ville en fin de matinée. Les transports publics ont continué normalement et la foule habituelle a envahi les allées du marché animé de Colobane.

 

« Nous vivons au jour le jour, donc nous ne pouvons pas nous permettre de passer une journée sans travailler, sinon nos familles ne mangeront pas », a déclaré Saer Dieng, 37 ans, commerçant.

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Badara Dione, chauffeur de moto-taxi âgé de 40 ans, a déclaré qu’il n’était pas au courant de l’appel à la grève. « Une grève générale ne nous convient pas. Le report des élections nous fait certes mal, mais personnellement, je préfère me concentrer sur mon travail », a-t-il ajouté.

 

Le collectif de la société civile a appelé Sall à prendre « toutes les mesures nécessaires pour fixer la date et organiser l’élection présidentielle de 2024 avant le 2 avril ».

 

«Dialogue national»

 

L’élection d’Aar Sunu fait partie d’un vaste mouvement politique et civique, qui s’est galvanisé après la décision de Sall, le 3 février, de reporter le scrutin. Quatre personnes sont mortes lors des manifestations qui ont suivi.

 

Au pouvoir depuis 2012, Sall a déclaré avoir annulé le vote en raison de différends sur la disqualification de candidats potentiels et des craintes d’un retour aux troubles comme en 2021 et 2023.

 

Le Conseil constitutionnel, la plus haute instance constitutionnelle, a jugé ce retard illégal et a demandé que le vote soit organisé « dans les plus brefs délais ». Lundi, Sall a ouvert un « dialogue national » visant à parvenir à un « consensus » sur une nouvelle date et sur ce qui se passera après la fin de son mandat.

 

Des centaines de dirigeants politiques, de représentants de la société civile et de personnalités religieuses se sont rassemblés pour une réunion de deux jours dans la nouvelle ville de Diamniadio, à environ 30 kilomètres de Dakar.

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Mais 17 des 19 candidats approuvés par le Conseil constitutionnel pour se présenter aux élections ont boycotté les discussions, tout comme Aar Sunu Election et d’autres groupes de la société civile.

 

L’opposition affirme que le dialogue est un mécanisme paralysant et que les pourparlers devraient se concentrer uniquement sur la manière d’organiser les élections avant que Sall ne quitte ses fonctions.

 

Le président a proposé lundi que le vote puisse avoir lieu avant le début de la saison des pluies, en juin ou juillet. Il avait déjà émis des doutes quant à la faisabilité d’une telle opération avant la fin de son mandat.

 

Réconciliation nationale

 

Plusieurs candidats à la présidentielle ont demandé au Conseil constitutionnel de tenir officiellement Sall pour responsable de ne pas avoir rempli son devoir d’organiser le scrutin.

 

Lundi, Sall a réitéré son engagement à quitter ses fonctions comme prévu et a promis une « réconciliation nationale » après trois années de troubles. Il a également annoncé un projet de loi d’amnistie pour les manifestations politiques depuis 2021, qui s’est révélé controversé dans divers cercles politiques. Certains acteurs du dialogue national ont demandé à Sall de rester jusqu’à l’installation de son successeur, y compris au-delà du 2 avril.

 

AFP/Sahutiafrica

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