Déplacement massif à Wad Achana au Kordofan-Nord, dans le sud du Soudan, où les Forces paramilitaires ont annoncé avoir pris une garnison de l’armée ce lundi 2 octobre.
« Nous avons vécu des heures de terreur. Mon cousin et mon voisin ont été tués par des balles perdues. J’ai perdu ma ferme, mon élevage mais aussi mon matériel pour puiser de l’eau potable, une denrée rare en temps normal au Soudan et désormais quasiment introuvable dans de nombreux Etats », a raconté un témoin à l’AFP. Il se confie depuis depuis Odaydab, un village proche où il a trouvé refuge.
Samedi 30 septembre, cinquante pick-ups surmontés d’armes des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée depuis le 15 avril, ont attaqué la ville à la frontière entre les Etats du Kordofan-Nord et du Nil Blanc, faisant fuir des milliers de personnes, selon cette source.
« La situation était calme à Wad Achana jusqu’à ce qu’un bataillon de l’armée prenne ses quartiers dans l’ouest de la ville la semaine dernière », a expliqué M. Abdelbaqi. Trois jours plus tard, les FSR se sont rué sur la ville et ont tout raflé, faisant fuir l’armée à 35 km vers l’est », a-t-il poursuivi.
Dimanche, les FSR ont déclaré sur X avoir pris à des milices liées à l’armée la garnison de Wad Achana, dernier poste (de l’armée) avant le Nil Blanc, menaçant désormais Kosti, le chef-lieu de cet Etat.
« Le marché a été complétement pillé et nous avons fui sans rien emporter », a témoigné Ahmed, un commerçant qui a dû abandonner son échoppe, souhaitant ne pas révéler son nom de famille.
Au Soudan, la guerre entre l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo a fait environ 7.500 morts, selon un bilan très largement sous-estimé en raison des difficultés d’accès sur le terrain.
Situé entre le Darfour, bastion des FSR dans l’ouest, qu’elles contrôlent quasiment totalement, le Kordofan-Nord est un carrefour stratégique pour approvisionner des paramilitaires.
Mervedie Mikanu

