Au Kenya, les importations d’engrais chimiques ont chuté de 48% pour atteindre 98.915 tonnes entre avril et juin contre 191.944 tonnes à la même période l’année dernière, a indiqué le Bureau national des statistiques (Knbs) ce vendredi 14 octobre.
Cette baisse précipite une crise alimentaire, alors que les agriculteurs sèment leurs cultures sans l’intrant essentiel. « La baisse est due au prix élevé de l’intrant, qui a découragé de nombreux commerçants de l’acheter l’année dernière entre fin avril et début juin », explique Timothy Njagi, chercheur au groupe de réflexion sur les politiques publiques, à un média local.
D’après lui, c’est le prix qui a augmenté, alors que la plupart des importateurs ont réduit leurs achats parce qu’ils ne sont pas sûrs que les agriculteurs vont acheter de l’engrais.
Entre-temps, les prix des denrées alimentaires essentielles, dont la farine de maïs, ont fortement augmenté depuis le début de l’année. La plupart des engrais chimiques du Kenya proviennent de la Russie et de l’Arabie Saoudite frappées par des sanctions.
Suite aux sanctions, la Russie a restreint l’Europe au gaz naturel, qui est utilisé pour la production d’engrais chimiques et les prix ont augmenté, obligeant les Européens à réduire leur production.
Les installations en Afrique qui importent des nutriments pour produire des engrais finis ont également réduit leur production, limitant davantage l’approvisionnement des agriculteurs locaux.
Cependant, le gouvernement kényan a depuis dévoilé un programme de subvention des engrais visant à réduire le coût des intrants, en particulier pour les petits exploitants agricoles.
Selon la Banque mondiale, les prix des engrais ont commencé à augmenter l’année dernière en raison de la flambée des coûts de l’énergie, des contraintes d’approvisionnement et des politiques commerciales.
Ali Maliki

