La grogne monte au Congo Brazzaville. Les revendications sociales des certains agents de la fonction publique, la paie des arriérés des retraités, la paie des bourses des étudiants, ainsi que la grève du CHU de Brazzaville sont les questions cruciales qui attendent Anatole Collinet Makosso, nouveau Premier ministre de la République du Congo.
Collinet Makosso hérite de la Primature au moment où le pays vit une série d’actions de mécontentement dont les sit-in des retraités de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF). Ils réclament 36 mois de pensions. Les étudiants attendent leurs bourses, impayées depuis plusieurs trimestres. Au CHU de Brazzaville, les agents sont en grève illimitée. A la Société des postes et de l’épargne du Congo (SOPECO), les agents comptent plus de 15 mois d’arriérés. Les agents de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) font des sit-in pour réclamer le paiement de huit mois de salaires.
« Le Premier ministre Collinet Makosso devra faire preuve de poigne pour régler la situation de nos arriérés qui ne s’explique pas. En clair, si les fonctionnaires actifs versent leurs cotisations sociales et sont payés chaque fin du mois, cela prouve que l’argent destiné pour nos pensions est utilisé par des tierces personnes qui doivent répondre devant les juridictions du pays », a expliqué Daniel Ondia, membre de la Coordination nationale des associations des fonctionnaires et assimilés retraités, affiliée à la Caisse de retraite des fonctionnaires (CNAFARA/CRF).
« Nous attendons de lui un dialogue franc et des solutions efficaces et immédiates car on vit une situation déplorable depuis cinq ans », a-t-il conclu.
Le nouveau Premier ministre entrant devra aller au de-là des discours.
Le Premier ministre doit faire montre de sang-froid pour sauver l’essentiel malgré la crise économique. La lutte contre la fraude et la corruption doit être sa priorité des priorités. Et comme on le sait, les premiers concernés par ces fléaux sont les personnalités responsabilisées dans les institutions publiques et para-étatiques. Ce n’est que comme cela qu’il règlera les problèmes récurrents des arriérés de salaires dans les établissements publics bénéficiant des subventions de l’Etat », a souhaité Nicolas Libaly, membre de la plate-forme des associations de la société civile.
Achille Tshitoko

