Des Sud-africains manifestent contre « la crise de l’électricité »

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En Afrique du Sud, plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre « la crise de l’électricité » ce mercredi 25 janvier.

A Johannesburg, près de 3.000 manifestants vêtus de bleu, couleur du premier parti d’opposition (DA, Alliance démocratique) ont marché jusqu’au siège du parti au pouvoir (ANC, Congrès national africain), brandissant des pancartes « Trop c’est trop », « Le délestage est un crime », « Le pouvoir au peuple ».

Pendant ce temps, quelque 1.500 protestataires ont également défilé devant le siège local du parti historique avec des drapeaux nationaux au Cap. L’entreprise publique Eskom produit 90% de l’électricité en Afrique du Sud. Gravement endettée, celle-ci se débat avec des centrales vieillissantes et mal entretenues, régulièrement en panne.

Pour pallier le manque, la population de 60 millions et les entreprises sont soumises à des délestages programmés. Ces coupures ont atteint des records depuis l’année dernière, allant jusqu’à plus de 11 heures par jour. Le pays est actuellement aux stades 3 et 4 des délestages sur une échelle de 8, ce dernier stade prévoyant plus de 13 heures de coupure par jour.

« On doit charger nos téléphones à certains moments de la journée. On ne peut cuisiner qu’à certaines heures. On ne devrait pas vivre comme ça en Afrique du sud », lance à l’AFP Marino Hughes, un étudiant de 22 ans. « La nourriture dans les frigos finit par être avariée. L’électricité est une nécessité et on ne comprend pourquoi l’Afrique du Sud n’en produit pas assez. Que fait l’ANC ? », interroge Mpana Hlasa, 35 ans, employé d’une école à Soweto.

Dans le centre de Johannesburg, quelques centaines de partisans du parti au pouvoir s’étaient postés devant le siège de l’ANC. Certains munis de « sjamboks », fouets traditionnels en peaux de bêtes, tenaient des pancartes : « Ce sont les bureaux de l’ANC, pas d’Eskom ».

Les manifestations placées sous forte présence policière se sont déroulées dans le calme. « L’ANC s’est engagée à résoudre la crise de l’électricité et des mesures sont prises. Cela prendra du temps mais le problème sera résolu », a assuré Collen Malatji, 29 ans, membre de l’ANC.

Les coupures récurrentes frappent déjà durement l’économie et notamment la filière alimentaire : « J’ai dû fermer quatre magasins et vingt personnes ont perdu leur travail, tout ça à cause des délestages », déplore Lloyd Peltier, 40 ans, propriétaire d’une entreprise de vente au détail de viande de poulet.

L’annonce récente d’une hausse des tarifs pour renflouer les caisses d’Eskom a provoqué la colère. « Le pays est à bout », a averti le chef de l’opposition, John Steenhuisen, présent au Cap. Le président Cyril Ramaphosa a déclaré en début de semaine s’être opposé à cette augmentation, dans un contexte général d’inflation.

L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent africain, est à la traîne dans sa transition énergétique. Mais le pays peine à produire de courant, mais aussi régulièrement paralysée par des coupures. En fait, le pays tire encore 80% de son électricité du charbon. Ce qui génère une grave pollution dénoncée par les défenseurs de l’environnement. Lors de la COP27, une enveloppe de 98 milliards USD a été approuvée pour l’Afrique du Sud.

AFP/Sahutiafrica

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