Rentré à N’Djamena après dix-sept années d’exil, Timan Erdimi, chef rebelle de l’Union des forces de la résistance (UFR), espère à la réussite du dialogue national inclusif au Tchad censé déboucher sur le retour à l’ordre constitutionnel.
Ce jeudi 18 août, l’avion qui ramène Timan Erdimi a atterri dans la capitale tchadienne, dans la matinée sous la pluie. Main sur le cœur, le chef de l’UFR descend de l’appareil. « C’est émouvant de fouler à nouveau le sol tchadien », souffle M. Erdimi. Accolades chaleureuses, poignée de mains, pleurs de joie, Timan Erdimi reçoit d’abord un accueil chaleureux d’une vingtaine de proches sur le tarmac. Puis il est escorté par un dispositif militaire important vers son hôtel sous des acclamations.
Timan Erdimi a humé l’air de son pays, Tchad, qu’il n’avait plus vu depuis 17 ans. Il rentre après avoir signé l’accord de paix à Doha au Qatar à l’issue de cinq mois de discussions. De retour à N’Djamena, le chef de l’UFR est optimiste quant à la réussite du dialogue national inclusif. « J’espère que le dialogue sera une réussite, j’espère qu’il y aura la réconciliation, la paix », dit Timan Erdimi devant un parterre de journalistes.
Pour le Dr Evariste Toldé, analyste politique tchadien, le retour de Timane Erdimi et de Mahamat Nouri est une victoire pour le Conseil militaire de transition (CMT) dirigé par le général Mahamat Idriss Déby. Il affirme que c’est « un évènement important » et « un pas vers l’avant ».
« Ce sont des gros poissons. Les deux ont failli renverser, en 2008, le régime du feu maréchal Idriss Déby Itno. Leur retour va jeter les bases d’une nouvelle paix et d’une réconciliation », analyse le Dr Toldé à Sahutiafrica. Certains observateurs de la politique tchadienne voient ce retour de Timan Erdimi, cousin de Mahamat Idriss Déby, comme une réconciliation familiale, nous souffle un journaliste local.
Le Tchad s’apprête à organiser un dialogue national qui s’ouvre ce 20 août. Mais le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), un de principaux groupes armés, a refusé de signer l’accord de paix à Doha. Jusque-là, ce mouvement ne participera pas au dialogue national sauf s’il décide de signer l’acte de Doha.
« Mahamat Mahdi du Fact était un élément du Mahamat Nouri, qui fait scission de l’UFDD pour créer le Fact, son mouvement. Peut-être, on mettra Mahamat Nouri à contribution pour essayer de ramener son ancien allié à la légalité, en signant l’accord de paix », croit le Dr Evariste Toldé.
A part le Fact, le mouvement Wakit Tama et les Transformateurs, parti de l’opposant Succès Masra ont appelé à manifester à la veille du dialogue.
Trésor Mutombo

